Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a averti, dans une interview accordée au quotidien Izvestia le 5 juin 2026, que Washington pourrait mener une nouvelle action extérieure de grande envergure avant les élections législatives américaines de mi-mandat, prévues en novembre 2026 — cinq mois après l’opération militaire qui a conduit à la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro.
Lavrov pointe un risque d’escalade avant novembre
Lavrov estime que l’administration républicaine de Donald Trump chercherait à capitaliser politiquement sur des coups de force à l’étranger à l’approche du scrutin de mi-mandat. « Je n’exclus pas qu’avant les élections législatives de mi-mandat de novembre de cette année, un autre mouvement très dangereux puisse survenir de la part de Washington pour tenter de prouver le succès des actions de l’administration républicaine », a déclaré le chef de la diplomatie russe. Il a qualifié une telle perspective de « malheureuse ».
Le ministre a par ailleurs rejeté les justifications bibliques avancées par certains responsables américains pour défendre leurs décisions de politique étrangère, y voyant l’absence d’arguments solides plutôt qu’une conviction réelle. Il a également affirmé que les actions extérieures des États-Unis « ne respectent aucun cadre juridique international ».
Le Venezuela, point de départ d’une rupture diplomatique
Ces déclarations interviennent cinq mois après l’opération militaire américaine menée au Venezuela dans la nuit du 3 janvier 2026. Baptisée « Absolute Resolve », elle avait abouti à la capture du président Nicolás Maduro et de son épouse Cilia Flores à leur domicile de Caracas, avant leur transfert à New York. Maduro y a comparu devant un tribunal fédéral de Manhattan, plaidant non coupable à des accusations de narcoterrorisme. Trump avait alors annoncé que les États-Unis allaient « diriger » le Venezuela et prendre le contrôle de ses réserves pétrolières. Pour Lavrov, l’objectif américain était transparent dès le départ : « Les Américains n’ont pas caché cela. »
L’opération avait déclenché une onde de choc diplomatique. Le secrétaire général de l’ONU António Guterres avait exprimé sa « profonde préoccupation » quant au non-respect du droit international. La France, le Canada et l’Union européenne avaient appelé au respect de la souveraineté des États, tandis que le Brésil dénonçait une ligne franchie. Israël et l’Argentine avaient, eux, soutenu l’initiative américaine.
Une transition vénézuélienne sous pression américaine
Depuis la capture de Maduro, la vice-présidente Delcy Rodríguez assure l’intérim à Caracas, sous la menace explicite de Washington. Plusieurs centaines de prisonniers politiques ont été libérés au Venezuela depuis mars 2026, dans le cadre d’une loi d’amnistie adoptée sous pression américaine. Les États-Unis n’ont pas répondu aux déclarations de Lavrov, et le ministre russe n’a cité aucun pays ni aucune cible spécifique dans ses mises en garde. Les élections législatives de mi-mandat aux États-Unis se tiennent le 4 novembre 2026.



