Le Pentagone a annulé, mercredi 13 mai, le déploiement en Pologne de la 2e Brigade blindée de combat de la 1re Division de cavalerie, une unité forte de quelque 4 200 soldats basée à Fort Hood, au Texas. La décision, formalisée par un mémorandum signé par le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, a pris de court aussi bien les militaires concernés que plusieurs membres du Congrès américain.
Les préparatifs étaient pourtant avancés : la brigade avait casé ses couleurs le 1er mai lors d’une cérémonie de départ, une partie de son équipement lourd avait déjà traversé l’Atlantique, et des éléments d’avant-garde étaient déjà en place en Europe. Ces personnels doivent désormais rentrer aux États-Unis.
Une réduction en cascade de la présence militaire américaine
Cette annulation s’ajoute au retrait annoncé début mai de quelque 5 000 soldats stationnés en Allemagne, décision prise après une brouille diplomatique entre Donald Trump et le chancelier allemand Friedrich Merz au sujet de la guerre contre l’Iran. En octobre dernier, le Pentagone avait déjà mis fin à la rotation de la 2e Brigade de la 101e Division aéroportée en Roumanie. La suppression de la rotation blindée en Pologne ramènerait le dispositif américain en Europe à une seule brigade de combat, un niveau proche de celui qui prévalait avant l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022.
Le même mémorandum annule par ailleurs le déploiement prévu en Allemagne d’un bataillon spécialisé dans les missiles et roquettes à longue portée, le 3e Bataillon du 12e Régiment d’artillerie de campagne, et ordonne le retrait du commandement européen supervisant ces capacités.
Des alliés déstabilisés, Washington divisé
La Maison Blanche refuse le terme de désengagement et présente ces ajustements comme une révision normale de la posture militaire américaine. Le ministre polonais de la Défense, Władysław Kosiniak-Kamysz, a tenté de minimiser l’impact en affirmant sur les réseaux sociaux que la décision « ne concerne pas la Pologne », sans préciser sur quelle base il tirait cette conclusion.
À Washington, la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen, membre de la commission des forces armées du Sénat, a déclaré n’avoir reçu aucune notification préalable. Les présidents républicains des commissions militaires des deux chambres ont exprimé leur « vive préoccupation ».
La loi de finances du Pentagone pour 2026 interdit de maintenir moins de 76 000 soldats américains en Europe — déployés de façon permanente ou pour plus de 45 jours — sans notification et certification formelle auprès du Congrès. Le respect de cette disposition par l’administration Trump fera l’objet d’un suivi parlementaire dans les prochaines semaines.



