La société minière canadienne Global Atomic Corporation (TSX : GLO) a annoncé le report à 2028 des premières livraisons d’uranium issu de son projet de Dasa, situé dans la région d’Agadez au Niger. L’information figure dans les résultats du premier trimestre 2026 publiés par l’entreprise le 14 mai, qui calent la mise en service de l’usine de traitement au quatrième trimestre 2027 et la première expédition de yellowcake au premier semestre 2028.
Un calendrier dépendant du bouclage financier
Le report est conditionné au calendrier de financement du projet. Global Atomic attend toujours la validation d’un prêt de 295 millions de dollars auprès de U.S. International Development Finance Corporation (DFC), banque publique américaine. Ce concours couvrirait 60 % des coûts d’investissement, estimés à environ 425 millions de dollars. Cette société indique avoir déjà injecté près de 250 millions de dollars de fonds propres dans le projet, ce qui lui permettrait de satisfaire l’exigence de contribution capitalistique de 40 % posée par DFC.
Le dossier a été examiné par le comité de crédit de cette banque puis transmis à son comité d’investissement, selon un communiqué de Global Atomic publié le 11 décembre 2025. Le président-directeur général Stephen Roman avait alors évoqué pour la première fois un possible glissement vers 2028, en invoquant les contraintes logistiques et le retard du closing financier.
Le dernier projet uranifère occidental encore actif au Niger
Dasa est exploité par SOMIDA (Société Minière de Dasa), détenue à 80 % par Global Atomic et à 20 % par l’État nigérien. Le permis se situe dans le bassin de Tim Mersoï, à une centaine de kilomètres au sud d’Arlit. Les réserves probables s’établissent à 73 millions de livres d’oxyde d’uranium (U₃O₈), selon l’étude de faisabilité de l’entreprise, ce qui en fait le gisement à plus haute teneur en cours de développement sur le continent africain.
Ce projet est le seul actif uranifère occidental encore en développement au Niger depuis le retrait des permis du français Orano sur Imouraren, en juin 2024, et du canadien GoviEx Uranium sur Madaouela, en juillet de cette même année. Le code minier nigérien a été révisé en 2024, ramenant les redevances de 12 % à 7 %. Le développement s’effectue dans un cadre logistique modifié : fermée depuis juillet 2023, la frontière avec le Bénin a contraint l’entreprise à organiser ses approvisionnements via le port de Lomé, au Togo, puis par voie terrestre à travers le Burkina Faso.
Global Atomic indique attendre la décision de DFC dans les prochaines semaines. Cette société poursuit en parallèle des discussions avec le gouvernement canadien pour une solution alternative reposant sur l’entrée d’un partenaire au capital de SOMIDA.



