Le ministre sud-africain des Relations internationales et de la Coopération, Ronald Lamola, a rejeté catégoriquement, ce 13 mai, toute perspective d’exclusion de son pays du prochain sommet du G20 prévu en Floride, dans une interview accordée au rédacteur en chef de la chaîne indienne NDTV, Aditya Raj Kaul, à la veille de la réunion des ministres des Affaires étrangères des BRICS à New Delhi.
« L’Afrique du Sud est membre fondateur du G20. Si cette réunion peut être qualifiée de G20 alors que l’Afrique du Sud n’est pas là, on peut remettre en question sa légitimité« , a déclaré Lamola. Le ministre a souligné que Pretoria n’a jamais décidé de se retirer du forum, contrairement aux États-Unis qui ont volontairement boycotté le sommet de Johannesburg en novembre 2025 — le premier organisé sur le continent africain.
Une exclusion imposée par Washington, pas un retrait volontaire
Les relations entre Pretoria et Washington se sont détériorées progressivement depuis le début 2025, lorsque le président américain Donald Trump a accusé le gouvernement sud-africain de mener une politique de discrimination contre la minorité afrikaner blanche et de procéder à des expropriations sans compensation — accusations rejetées par Pretoria. Le boycott américain du sommet de Johannesburg a marqué un premier point de rupture, suivi de l’annonce par Trump de l’exclusion de l’Afrique du Sud du G20 2026 à Miami, au motif que Pretoria aurait refusé de remettre formellement la présidence du forum à un représentant américain.
En avril 2026, le ministre des Finances sud-africain Enoch Godongwana a confirmé à Bloomberg que ni lui-même ni le gouverneur de la Banque de réserve Lesetja Kganyago n’avaient été accrédités pour la réunion des ministres des Finances du G20 à Washington — première matérialisation concrète de l’exclusion.
Les BRICS comme tribune diplomatique
La déclaration de Lamola intervient alors que l’Afrique du Sud participe à la réunion ministérielle des BRICS à New Delhi, un cadre qui réunit plusieurs membres du G20 partageant des positions critiques à l’égard de l’unilatéralisme américain. Pretoria a indiqué tabler sur la présidence britannique du G20 en 2027 pour réintégrer le forum dans des conditions normales, estimant que Londres n’adoptera pas la même posture d’exclusion que Washington. Le sommet du G20 sous présidence américaine est prévu à Miami du 14 au 15 décembre 2026.


