USA : Trump propose d'accueillir 17 500 réfugiés afrikaners en urgence

L’administration Trump a transmis au Congrès américain une détermination d’urgence proposant de porter à 17 500 le plafond d’admission de réfugiés sud-africains blancs pour l’année fiscale 2026. Le document, obtenu par CNN, a été soumis cette semaine dans le cadre de la procédure légale de consultation parlementaire obligatoire avant toute révision du quota annuel.

Un quota multiplié par deux en moins d’un an

En octobre 2025, l’administration avait déjà fixé le plafond d’admissions à 7 500 réfugiés, un niveau historiquement bas, en allouant l’essentiel des places aux Afrikaners — communauté sud-africaine d’origine principalement néerlandaise et française. La nouvelle proposition doublerait ce chiffre. Entre octobre 2025 et avril 2026, 6 069 Sud-Africains sont entrés aux États-Unis dans ce cadre, selon les données du Département d’État, s’établissant ainsi comme la quasi-totalité des arrivées enregistrées sur la période.

La détermination d’urgence invoque « une hostilité croissante » des autorités sud-africaines à l’égard des ressortissants américains en mission dans le pays, ainsi que les effets de la loi sud-africaine sur l’expropriation foncière, adoptée en janvier 2025 par le président Cyril Ramaphosa. Ce texte autorise l’État à saisir des terres sans indemnisation dans certaines circonstances. Aucune expropriation n’a toutefois été officiellement documentée à ce jour dans le cadre de cette loi, selon les informations disponibles.

Des organisations de défense des réfugiés saisissent la justice

Plusieurs organisations — dont l’International Refugee Assistance Project (IRAP), HIAS et Church World Service— ont engagé des procédures judiciaires contre cette politique, estimant qu’elle exclut illégalement des populations prioritaires désignées par le Congrès lui-même : membres de familles de réfugiés déjà installés aux États-Unis, Irakiens ayant collaboré avec les forces américaines, minorités religieuses iraniennes protégées par l’amendement Lautenberg. Ces groupes, approuvés depuis parfois plusieurs années, se trouvent bloqués sans voie de recours effective.

Le gouvernement sud-africain a pour sa part fermement démenti les accusations de discrimination systémique contre les Afrikaners. CNN, qui a enquêté sur les allégations de « génocide blanc » avancées par Donald Trump pour justifier le dispositif, indique n’avoir trouvé aucun élément factuel les étayant.

La proposition doit désormais faire l’objet d’une consultation formelle avec le Congrès, étape imposée par la loi américaine sur les réfugiés avant toute entrée en vigueur d’un nouveau plafond.

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