Ramanan Pathmanathan, un homme de 40 ans originaire de Toronto, a été condamné le 27 mai par le tribunal de district fédéral des États-Unis à 33 années de prison pour avoir orchestré un vaste réseau de sextorsion ciblant plus de 145 enfants, dont certains avaient seulement six ans. La condamnation, prononcée par le juge en chef James E. Boasberg, intervient après le plaidoyer de culpabilité de l’accusé en janvier 2026 sur deux chefs d’accusation : production de matériel pédopornographique et coercition d’un mineur.
Opération systématique sur les réseaux sociaux
Entre mars 2014 et son arrestation en mars 2021, Pathmanathan a créé plusieurs faux profils sur Instagram et Facebook Messenger en se présentant comme un adolescent du New Jersey. Il a utilisé cette couverture pour établir le contact avec au moins 145 jeunes filles et garçons, dans le but de les amener à produire des contenus sexuellement explicites. Lors des appels vidéo avec ses victimes, l’homme envoyait des images sexuelles impliquant des adultes pour servir de modèles aux actes qu’il exigeait des enfants. Lorsqu’une victime refusait de continuer ou supprimait son compte, Pathmanathan proférait des menaces de diffusion d’images auprès de leurs proches.
Pathmanathan enregistrait et conservait les vidéos compromettantes sur son ordinateur personnel. Certaines des demandes qu’il formulait aux mineurs revêtaient un caractère particulièrement grave, incluant des directives d’actes sexuels avec des animaux ou des membres de la famille.
Procédure conjointe avec les autorités canadiennes
L’enquête a été menée conjointement par la section de Houston du FBI spécialisée dans l’exploitation enfantine et la traite des êtres humains, ainsi que par le Département de la Sécurité Publique du Texas. Le Bureau des affaires internationales de la division criminelle du ministère américain de la Justice a obtenu la reddition temporaire de Pathmanathan auprès des autorités canadiennes.
Pathmanathan avait déjà plaidé coupable le 27 octobre 2022 devant les tribunaux canadiens et reçu une condamnation à 12 années d’emprisonnement. La peine prononcée aux États-Unis sera exécutée consécutivement à celle du Canada.
Obligations légales post-détention
En sus de sa peine, Pathmanathan doit purger dix années de libération surveillée à sa sortie de prison et s’inscrire au registre national des délinquants sexuels. Selon la procureure américaine Jeanine Ferris Pirro, cette affaire démontre que les frontières internationales ne constitueront pas un obstacle à la poursuite de prédateurs sexuels spécialisés dans l’exploitation des enfants.


