Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a entamé une tournée dans le Golfe le 23 juin, avec des étapes aux Émirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn, pour tenter de dissiper les inquiétudes de ces trois pays après l’accord conclu la semaine précédente entre Washington et Téhéran. Ce déplacement intervient quelques jours après la signature d’un mémorandum d’entente entre les deux pays, visant à mettre fin à près de quatre mois de guerre.
Une première étape à Abou Dabi pour calmer les craintes émiraties
Arrivé à Abou Dabi dans la soirée du 23 juin, Marco Rubio s’est entretenu le lendemain avec le président émirati Cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyane. Selon le porte-parole du département d’État, Tommy Pigott, les deux responsables ont évoqué le mémorandum signé avec l’Iran, ainsi que les conditions d’un transit sécurisé dans le détroit d’Ormuz. Le chef de la diplomatie américaine a également adressé ses remerciements à Abou Dabi pour son soutien face aux frappes iraniennes subies pendant le conflit.
Sur la question du détroit d’Ormuz, dont l’Iran et Oman envisageraient d’instaurer des frais de passage, Marco Rubio s’est montré catégorique à son arrivée : « C’est une voie navigable internationale. Aucun pays n’est autorisé à imposer des taxes ou des frais sur une voie navigable internationale. C’est le droit international en vigueur. »
Réouverture de l’ambassade américaine au Koweït
Le secrétaire d’État s’est ensuite rendu au Koweït, où il a participé le 24 juin à une cérémonie de levée du drapeau à l’ambassade américaine. Selon le département d’État, celle-ci a officiellement repris ses activités à partir de minuit le même jour, après une suspension de plus de trois mois consécutive aux attaques iraniennes. Les services d’urgence pour les citoyens américains ont repris immédiatement, les autres prestations devant être réintégrées progressivement.
Sur place, Marco Rubio s’est entretenu avec le ministre koweïtien des Affaires étrangères, Cheikh Jarrah Jaber Al-Ahmad Al-Sabah. D’après un communiqué du département d’État, le secrétaire d’État a réaffirmé l’engagement des États-Unis envers la sécurité du Koweït, ainsi que l’objectif de rétablir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz et d’empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire. Il aurait également condamné les frappes iraniennes ayant visé l’aéroport international du Koweït et d’autres sites du pays, en présentant ses condoléances aux familles des victimes.
D’après l’agence Reuters, des cellules iraniennes basées en Irak auraient mené au moins sept attaques de drones contre des installations situées au Koweït, aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite, entre avril et mai. Ces informations n’ont pas fait l’objet d’une confirmation officielle distincte et restent à ce stade attribuées à cette seule source.
Un accord encore contesté par certains États du Golfe
Plusieurs responsables du Golfe auraient exprimé des réserves sur un fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars destiné à l’Iran, prévu dans le cadre du mémorandum, ainsi que sur l’absence de dispositions encadrant le programme de missiles balistiques iranien. À Abou Dabi, Marco Rubio a précisé que ce fonds ne deviendrait réalité que si la direction iranienne décidait de se comporter, selon ses termes, comme un pays plutôt que comme un acteur déstabilisateur.
Le mémorandum signé entre Washington et Téhéran prévoit l’arrêt des hostilités, la réouverture du détroit d’Ormuz et un allègement des sanctions économiques, en échange d’un engagement iranien à renoncer à l’arme nucléaire. Les modalités relatives au programme nucléaire iranien et aux stocks d’uranium enrichi doivent toutefois être négociées dans les 60 jours suivant la signature.
La tournée de Marco Rubio doit s’achever à Manama, où il est attendu le 25 juin pour une réunion avec le Conseil de coopération du Golfe, organisation régionale regroupant Bahreïn, le Koweït, Oman, le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.



