Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a salué jeudi la signature du mémorandum d’entente entre l’Iran et les États-Unis, en appelant l’ensemble des parties concernées, dont Israël, à ne pas entraver son application. La déclaration, publiée sur le compte X officiel du ministère, intervient au lendemain de la signature du texte par les présidents Donald Trump et Masoud Pezeshkian.
Le ministère chinois des Affaires étrangères a indiqué espérer que l’accord « soit mis en œuvre de bonne foi par les deux parties », précisant que la pérennité de la paix dépendait de la conduite de l’ensemble des acteurs régionaux. La référence directe à Israël survient alors que l’État hébreu poursuit ses opérations militaires au Liban, en marge du cadre fixé par le mémorandum d’Islamabad, qui prévoit la cessation des hostilités sur tous les fronts, y compris libanais.
Des frappes israéliennes persistent malgré l’accord
Sur le terrain, les violences n’ont pas cessé depuis la signature du texte. Une frappe de drone israélienne dans le sud du Liban a fait un mort et un blessé grave, selon l’agence nationale d’information libanaise. L’armée israélienne a par ailleurs annoncé la mort d’un soldat lors d’un incident survenu la nuit précédente dans la même région, où sept autres militaires ont été blessés. Du côté de Téhéran, des responsables iraniens ont dénoncé plusieurs dizaines de violations du cessez-le-feu libanais par l’armée israélienne au cours des deux derniers jours, brandissant la menace d’une riposte en cas de poursuite des frappes.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a fait savoir, par l’intermédiaire de responsables proches de son gouvernement, qu’Israël ne se considérait pas lié par les termes du mémorandum et entendait maintenir ses troupes déployées au sud du fleuve Litani, malgré les clauses de l’accord garantissant l’intégrité territoriale et la souveraineté du Liban.
Pékin revendique un rôle actif depuis le début du conflit
Le communiqué chinois rappelle que Pékin « œuvre sans relâche depuis le premier jour pour favoriser la paix », en s’appuyant sur les quatre propositions formulées par le président Xi Jinping pour la stabilité au Moyen-Orient. Ce cadre diplomatique, présenté en avril lors d’une rencontre avec le prince héritier d’Abou Dabi, repose sur quatre principes : la coexistence pacifique entre États du Golfe, le respect de la souveraineté nationale, l’État de droit international et un équilibre entre développement et sécurité.
La diplomatie chinoise a maintenu des contacts réguliers avec les autorités iraniennes tout au long du conflit, déclenché le 28 février par des frappes américano-israéliennes ayant visé des sites militaires et gouvernementaux en Iran. Pékin a précédemment qualifié ces frappes de violation de la souveraineté iranienne et du droit international.
Les délégations iranienne et américaine doivent se retrouver dans les prochains jours à Genève pour entamer les négociations devant déboucher, dans un délai de 60 jours, sur un accord final couvrant notamment le programme nucléaire iranien et la levée des sanctions américaines.



