La victoire de Reug Reug face à Boy Niang, le 7 juin à l’Arène nationale de Dakar, est passée au second plan après la diffusion sur les réseaux sociaux d’images montrant l’utilisation de chatons lors de rituels de préparation du lutteur. Dès le lendemain, la Direction des Parcs nationaux et des Réserves de faune (DPN) a publié un communiqué officiel pour dénoncer ces pratiques. L’institution, rattachée au ministère de l’Environnement, indique avoir constaté la circulation de ces images sur les plateformes numériques et note qu’elles ont « suscité de nombreuses réactions au sein de l’opinion ». Elle condamne explicitement les faits et pointe une tendance plus large, évoquant « une recrudescence d’actes de maltraitance envers les animaux observés ces derniers temps » au Sénégal.
La DPN invoque la protection de la faune et le cadre légal de l’État
Au-delà de la condamnation morale, la DPN situe ces agissements en opposition directe avec les engagements publics du Sénégal. Selon son communiqué, de telles pratiques sont « contraires aux principes de respect du vivant ainsi qu’aux efforts consentis par l’État du Sénégal pour la protection de la faune sauvage ». Le pays est signataire de plusieurs conventions internationales sur la protection animale, dont la Convention de Washington (CITES), et dispose d’un code de l’environnement encadrant le traitement des animaux.
Les bains mystiques — rituels de purification et de protection pratiqués avant les combats — font partie des usages traditionnels de la lutte sénégalaise depuis des décennies. Leur dimension spirituelle est généralement tolérée, y compris par les instances officielles du sport. L’introduction d’animaux vivants dans ces cérémonies, et sa large diffusion en ligne, a cette fois franchi un seuil de visibilité qui a contraint les autorités à réagir publiquement.
La FSL-CNG attendue sur la question d’une enquête officielle
La Fédération sénégalaise de lutte et des arts martiaux associés (FSL-CNG), instance de tutelle de la discipline, ne s’est pas encore prononcée officiellement sur les faits. La question d’une éventuelle enquête ou de sanctions disciplinaires à l’encontre de l’entourage de Reug Reug reste ouverte, d’autant que la DPN a rendu publique sa position, créant une pression institutionnelle sur les organisateurs du sport. Une prise de position formelle de la FSL-CNG est désormais attendue.


