Lee Jae-myung, président de la Corée du Sud, a déclaré, vendredi 19 juin 2026 à Séoul, que Donald Trump souhaite désormais se concentrer sur la résolution du conflit entre les deux Corées. Cette annonce intervient quelques jours après la signature d’un protocole d’accord entre Washington et Téhéran censé mettre fin au conflit au Moyen-Orient. Lee Jae-myung a rencontré le président américain en marge du sommet du G7 organisé à Évian, en France.
Une déclaration recueillie en marge du G7
Selon Lee Jae-myung, les deux dirigeants ont dîné ensemble durant le sommet et y ont abordé la rivalité entre Séoul et Pyongyang. Le chef d’État sud-coréen a affirmé que « le moment était venu de prêter attention à la question nord-coréenne », selon Trump. Il a précisé avoir lui-même fait valoir auprès de Trump l’inefficacité des sanctions économiques visant la Corée du Nord en raison de son programme nucléaire. Cette inefficacité s’expliquerait, toujours selon Lee Jae-myung, par le renforcement de la coopération militaire entre Pyongyang et Moscou depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine.
La péninsule coréenne reste techniquement en état de guerre : le conflit de 1950-1953 s’est achevé par un armistice, jamais remplacé par un traité de paix, et une zone démilitarisée continue de séparer les deux pays. Le dernier sommet direct entre un président américain et le régime nord-coréen remonte à l’échec des discussions de Hanoï en 2019, où les négociations sur la dénucléarisation et l’allègement des sanctions n’avaient abouti à aucun accord concret.
Cuba, un schéma déjà évoqué publiquement par Trump
Avant cette déclaration sur la Corée du Nord, Trump avait lui-même tenu des propos similaires au sujet de Cuba, présentant systématiquement le dossier iranien comme une priorité à régler avant de s’attaquer à d’autres fronts. Le 15 mars 2026, il avait indiqué aux journalistes que son administration discutait avec La Havane, tout en précisant vouloir traiter l’Iran en premier. Début mars, il avait évoqué un retour des intérêts américains sur l’île, en s’adressant au secrétaire d’État Marco Rubio. Début mai, il avait également laissé entendre la possibilité d’une opération militaire à Cuba une fois le dossier iranien clos.
Ce schéma rhétorique répété sur plusieurs mois contraste avec la déclaration du 19 juin sur la Corée du Nord, qui ne provient pas d’une prise de parole publique de Trump lui-même mais d’un compte-rendu fait par un dirigeant étranger à l’issue d’un échange privé. Un autre dossier régional, le Venezuela, semble pour sa part déjà traité : l’administration américaine a procédé à la capture du dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro, retirant de fait ce pays de la liste des priorités encore ouvertes.
Deux pistes qui ne s’excluent pas
Rien dans les déclarations connues de Trump n’indique un choix exclusif entre Cuba et la Corée du Nord. Les deux dossiers répondent à des logiques distinctes : pression coercitive et sanctions économiques renforcées dans le cas cubain, ouverture diplomatique potentielle dans le cas nord-coréen, où aucune sanction supplémentaire n’a été annoncée. Lee Jae-myung a indiqué sur le réseau social X que les discussions avec Trump avaient permis des progrès significatifs sur la question des relations entre les deux Corées et les États-Unis, sans toutefois préciser de calendrier.
Aucune date de sommet ou de rencontre bilatérale entre Washington et Pyongyang n’a été annoncée à ce stade. La prochaine étape attendue reste la confirmation, par une déclaration publique de Trump lui-même, de l’intention rapportée par son homologue sud-coréen.



