Le gouvernement canadien pourrait réduire la portée de son programme d’avions de combat et rééquilibrer sa flotte entre le F-35A américain et le JAS-39 Gripen E/F suédois. Le ministère de la Défense nationale du Canada et l’Aviation royale canadienne n’ont pas confirmé ces arbitrages, alors que 16 F-35A sont déjà attendus dans les prochaines livraisons prévues dans le cadre du contrat signé en 2023.
L’hypothèse étudiée consisterait à limiter la flotte américaine à environ 30 appareils, tandis qu’une commande d’environ 60 Gripen E/F auprès du groupe suédois Saab serait envisagée. Le même schéma évoque également une industrialisation partielle au Canada, avec une chaîne d’assemblage locale et des retombées industrielles associées.
Un programme réexaminé dans un contexte de tensions industrielles
Le projet initial d’acquisition de 88 F-35A par Ottawa avait été attribué à Lockheed Martin après un appel d’offres conclu en 2022. Le gouvernement canadien a depuis annoncé une réévaluation du programme, dans un contexte marqué par des tensions commerciales et des débats sur la dépendance technologique vis-à-vis des États-Unis. Les américains estiment qu’Ottawa traîne trop les pieds
Saab met en avant production locale et coopération industrielle
Saab a proposé un dispositif incluant l’assemblage de 72 Gripen E/F au Canada, ainsi que six avions GlobalEye d’alerte avancée. Le GlobalEye a récemment été retenu par les autorités canadiennes pour équiper l’Aviation royale canadienne, selon des informations relayées par la presse locale. Le constructeur suédois met en avant la création potentielle d’environ 9 000 emplois et la consolidation d’une chaîne d’approvisionnement nationale dans le secteur aéronautique. Cette approche s’appuie sur un modèle industriel déjà utilisé dans plusieurs programmes export du Gripen.
Un chasseur léger conçu pour l’efficacité opérationnelle
Le JAS-39 Gripen E/F se distingue par une conception orientée vers la réduction des coûts de fonctionnement et la flexibilité d’emploi. L’appareil peut opérer depuis des pistes courtes ou des routes aménagées, avec des cycles de maintenance rapides permettant une remise en service en quelques dizaines de minutes. Son architecture avionique repose sur une logique modulaire permettant des mises à jour logicielles régulières. Le chasseur intègre un radar à antenne active et des capacités avancées de guerre électronique, avec une conception optimisée pour les opérations en environnement contesté. Saab met en avant un coût horaire de vol inférieur à celui de nombreux chasseurs de génération comparable.
Ces caractéristiques expliquent l’intérêt de certains États pour une flotte mixte associant un appareil furtif lourd comme le F-35A et un chasseur multirôle plus économique comme le Gripen. Aucune décision finale n’a été annoncée par Ottawa. Le gouvernement canadien doit poursuivre ses consultations dans les prochains mois, avant un arbitrage attendu sur la structure définitive de sa flotte de chasseurs.



