Le Bénin a réalisé des exportations estimées à 223,96 milliards de francs CFA au premier trimestre 2026, d’après les données publiées le 5 juin 2026 par l’Institut National de la Statistique et de la Démographie (INStaD). Ce montant marque une hausse de 78,3 % par rapport au quatrième trimestre 2025 et une augmentation de 51,1 % en comparaison avec le premier trimestre 2025.
Cette performance est essentiellement attribuée aux secteurs des oléagineux et du coton, ainsi qu’à des activités de réexportation d’équipements maritimes. L’INStaD précise que les dix principaux produits exportés représentent à eux seuls 83,6 % de la valeur totale des exportations sur la période considérée.
Le coton en tête, les oléagineux en forte progression
Le coton reste le principal produit d’exportation du Bénin. Au cours des trois premiers mois de l’année, plus de 74 000 tonnes ont été exportées, générant environ 70,2 milliards de francs CFA, soit près d’un tiers des recettes totales d’exportation sur la période.
Par ailleurs, les fèves de soja, les huiles végétales et l’ensemble des produits oléagineux ont fortement contribué à la progression des exportations sur une base annuelle. Les graines et fruits oléagineux ont permis de dégager près de 15 milliards de francs CFA, tandis que les tourteaux et autres résidus solides issus de la transformation agricole ont atteint environ 17,3 milliards de francs CFA.
La réexportation maritime, levier inattendu de la performance
Les réexportations de bateaux-phares, bateaux-pompes et bateaux-dragueurs ont contribué de façon notable au bilan trimestriel, générant 49,1 milliards de francs CFA de recettes. Ces résultats prolongent un mouvement entamé depuis plusieurs années.
Le Bénin a progressivement réorienté son modèle commercial, passant de l’exportation quasi exclusive de matières agricoles brutes à une valorisation croissante de ses productions. L’interdiction d’exporter le cajou et le soja bruts, entrée en vigueur en avril 2024, et la montée en puissance de la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) — dont l’ambition est de créer plus de 300 000 emplois directs d’ici 2030 — montrent cette bascule structurelle. La hausse des exportations de produits transformés comme les huiles végétales et les tourteaux au premier trimestre 2026 traduit concrètement les premiers effets de cette politique industrielle. L’INStaD publiera les données du deuxième trimestre 2026 dans le cadre de ses publications trimestrielles régulières sur le commerce extérieur.
