Le réseau des anciens boursiers du Service allemand d’échanges universitaires (DAAD) a ouvert, jeudi 11 juin à Ouidah, un atelier consacré au retour et à la réintégration des bénéficiaires de bourses académiques au Bénin. La rencontre, prévue jusqu’au 13 juin, réunit des anciens boursiers, des chercheurs, des représentants d’institutions et des participants venus de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest autour du thème : « De la mobilité académique au développement national, soutenir le retour et la réintégration des anciens boursiers de la DAAD au Bénin ».
L’initiative est portée par les anciens bénéficiaires du DAAD, organisme allemand de promotion de la coopération universitaire internationale. Les échanges portent sur les conditions de retour des diplômés et chercheurs après leur séjour de formation à l’étranger ainsi que sur les mécanismes susceptibles de favoriser leur insertion professionnelle et leur contribution au développement de leur pays.
Les défis du retour au pays au centre des discussions
À l’ouverture des travaux, le président du comité d’organisation, Idriss Daouda, a rappelé que les programmes de mobilité académique permettent à de nombreux étudiants et chercheurs béninois d’accéder à des formations spécialisées et à des environnements de recherche avancés. Selon lui, les compétences acquises à l’étranger constituent un investissement pour les institutions nationales, l’économie et le système éducatif.
Il a toutefois relevé plusieurs difficultés auxquelles sont confrontés certains anciens boursiers après leur retour. Parmi les obstacles évoqués figurent l’accès à l’emploi, la reconnaissance des qualifications obtenues à l’étranger, l’adéquation entre les compétences acquises et les besoins du marché local ainsi que l’absence de dispositifs d’accompagnement après la fin des études. Pour les organisateurs, l’enjeu consiste à identifier des solutions permettant de renforcer l’impact des expériences de mobilité internationale sur le développement des pays d’origine. Les recommandations attendues à l’issue de l’atelier devraient s’appuyer sur les échanges entre chercheurs, étudiants, anciens boursiers et responsables institutionnels présents à Ouidah.
Des compétences à valoriser au service du développement
Présidente de l’association des anciens boursiers, Laetitia Dagnonhouéto a insisté sur la nécessité de transformer les connaissances acquises à l’étranger en ressources utiles pour le développement national. Elle a souhaité la bienvenue aux participants venus du Burkina Faso, du Ghana, du Togo ainsi que de plusieurs régions du Bénin.
Selon elle, l’obtention d’une bourse ne doit pas se limiter à une expérience académique individuelle. Les bénéficiaires sont appelés à mettre les compétences et les expériences acquises au service de leur pays après leur retour. Elle a présenté l’atelier comme un cadre de partage d’expériences et de réflexion destiné à mieux préparer cette étape de réintégration.
Les débats prévus au cours de la rencontre doivent notamment permettre aux participants d’examiner les difficultés rencontrées après la mobilité et d’explorer les pistes d’amélioration de l’accompagnement des anciens bénéficiaires de bourses internationales.
La DAAD plaide pour un meilleur accompagnement des anciens boursiers
Représentante du DAAD, Maria Löffler a salué l’organisation de cet atelier consacré à une question qu’elle considère comme déterminante pour la valorisation des programmes de mobilité académique. Elle a souligné que les bénéfices de ces expériences dépassent le cadre individuel et contribuent au renforcement des liens entre institutions ainsi qu’à la coopération entre pays.
La responsable a appelé à une réflexion sur les moyens d’accompagner efficacement le retour des anciens boursiers afin que les compétences acquises puissent être mobilisées au profit des universités, des administrations et des communautés. Elle a également insisté sur l’importance du réseautage entre les bénéficiaires actuels et anciens du programme.
Créé en 1925, le DAAD est l’une des principales organisations de financement de la mobilité universitaire dans le monde. Chaque année, il soutient des milliers d’étudiants, de doctorants et de chercheurs à travers des programmes de bourses et de coopération académique.
Les travaux engagés à Ouidah se poursuivront jusqu’au 13 juin avec des panels, des échanges d’expériences et des discussions destinées à formuler des recommandations sur les conditions de retour et d’intégration des anciens boursiers dans leurs pays d’origine.


