Bénin : Des agents de santé risquent un an ferme pour trafic de faux médicaments

Le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a présenté le jeudi 4 juin 2026 ses réquisitions contre trois agents de santé du centre de santé de Toui Gare, dans l’arrondissement de Toui, commune de Ouèssè, département des Collines. Une sage-femme, cheffe du centre, et deux aide-soignantes risquent chacune douze mois de prison ferme et deux millions de francs CFA d’amende pour vente de produits pharmaceutiques non homologués, selon les informations rapportées par Libre Express.

Un réseau organisé au sein d’une structure sanitaire publique

D’après l’exposé du quatrième substitut du procureur spécial à l’audience, les trois prévenues auraient mis en place un circuit parallèle de distribution de médicaments au sein même du centre de santé public. Les produits vendus aux patients provenaient du Nigeria et ne disposaient d’aucune homologation délivrée par les autorités sanitaires béninoises. Ils étaient proposés en lieu et place des médicaments autorisés par l’État.

La sage-femme assurait l’approvisionnement et redistribuait les produits aux deux aide-soignantes, chargées de la vente directe auprès des usagers de la structure. En retour, la responsable du centre percevait l’intégralité des recettes et versait à chaque aide-soignante une rétrocommission fixe de 5 000 francs CFA par opération.

Abus de fonction et complicité retenus, délibéré en juillet

Le parquet spécial a requis que la sage-femme soit déclarée coupable d’abus de fonction, les deux aide-soignantes étant poursuivies pour complicité du même délit, auxquels s’ajoute l’exercice illégal en pharmacie. La même peine — douze mois ferme et deux millions de francs CFA d’amende — a été requise contre chacune des trois prévenues.

Le représentant du ministère public a également demandé à la Cour de recevoir la constitution de partie civile du parquet et de réserver les intérêts civils dans cette affaire.Au Bénin, la vente de médicaments non homologués est réprimée par la loi n°97-020 du 17 juin 1997 portant conditions d’exercice des activités de pharmacie, qui réserve la dispensation des médicaments aux seuls professionnels autorisés et aux produits ayant obtenu une autorisation de mise sur le marché délivrée par les autorités sanitaires compétentes. La Cour a mis le dossier en délibéré à l’issue des réquisitions. Le verdict est attendu en juillet 2026.

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