Invité ce dimanche 28 juin 2026 sur l’émission « Zone Franche » de Canal 3 Bénin, le professeur François Adébayo Abiola a exposé les grands chantiers de l’académie nationale des sciences, arts et lettres du Bénin (ANSALB). Au cœur des échanges : le programme spécial de réécriture de l’histoire du Bénin par ses propres scientifiques.
Coordonnateur de ce programme phare, l’Académicien a d’abord salué le travail bénévole des dirigeants de l’ANSALB, dont le professeur Nazaire Padonou. Évoquant le statut de l’institution, placée sous le parrainage du président de la république, le Professeur Abiola a balayé les doutes sur une éventuelle ingérence politique : « Protection et autorité, ce n’est pas ça du tout. Ils n’influencent pas. Ils nous regardent parce qu’ils nous donnent les moyens financiers ».
Pour corriger une historiographie héritée de la colonisation, l’ANSALB déploie quatre projets stratégiques : les révoltes anti-coloniales, les modèles nationaux, le massacre de Thiaroye (1944) et les divinités endogènes
Il s’agit de documenter les résistances locales (des enquêtes ont déjà eu lieu dans le Plateau, le Borgou ou encore en pays Sahouè), d’étudier les personnalités béninoises marquantes pour inspirer la jeunesse, de rétablir la vérité face aux mensonges d’État et d’analyser l’historique du Vodun, un sujet crucial dans le Bénin actuel. Prenant l’exemple de la révolte de Sakété en 1905, où le colon n’a déclaré que deux morts dans ses rangs, l’invité a martelé : « C’est notre droit de dire que ça, ce n’est pas vrai ».
Profitant d’un contexte régional propice au retour aux sources, le professeur Abiola a conclu par deux doléances fortes : la reconnaissance officielle de la résistance du roi Adélou de Sakété et le rapatriement de ses cendres depuis la Mauritanie. En somme, il s’agit d’une ambitieuse entreprise de restitution de la vérité jusque-là cachée aux béninois sur leur propre histoire.
