Le gouvernement du Bénin a mandaté l’entreprise publique chinoise Yunnan Construction and Investment Holding Group pour construire un grand complexe touristique à Ouidah, ville côtière du sud du pays, située à environ 40 km de Cotonou. D’après le South China Morning Post le 6 juin 2026, le financement du projet repose sur deux prêts accordés par la Bank of China et l’Industrial and Commercial Bank of China, représentant un total de plus de 257 millions d’euros.
Ouidah occupe une place particulière dans l’histoire de la traite négrière atlantique. Du 17e au 19e siècle, ce port a vu transiter des centaines de milliers de personnes capturées et déportées vers les Amériques. La Route de l’Esclave, qui relie l’ancien marché aux esclaves jusqu’à la Porte du Non-Retour sur le littoral, en garde la mémoire. C’est précisément à proximité de cette porte que le nouveau complexe, baptisé « La Marina« , doit voir le jour.
Un projet porté par l’Agence nationale du tourisme
D’après l’Agence Nationale de développement des Patrimoines Touristiques (ANPT), organisme public béninois chargé du dossier, le complexe se déploierait sur trois zones distinctes et viserait à faire de Ouidah une destination majeure du tourisme mémoriel. Le programme prévoit, selon le South China Morning Post, une réplique grandeur réelle d’un navire négrier, une arène en plein air pouvant accueillir 3 500 spectateurs, ainsi que plusieurs établissements hôteliers de standing, dont le Dhawa Ouidah, un hôtel quatre étoiles de 132 chambres.
Des digues pour stabiliser le littoral
Le chantier comprendrait également la construction de quatre kilomètres de digues sous-marines, destinées à atténuer la houle le long de la côte. Le gouvernement vise à porter la fréquentation touristique du pays à trois millions de visiteurs par an à moyen terme, un objectif qui placerait le tourisme parmi les priorités économiques affichées par Cotonou.
Le programme de réaménagement de Ouidah a déjà entraîné, selon l’ANPT, le relogement et la reconstruction d’infrastructures publiques situées dans l’emprise du chantier, ainsi qu’une procédure d’indemnisation des habitants concernés, menée avec l’appui de l’Agence nationale du domaine et du foncier. L’ouverture du site est attendue pour cette année, sans qu’une date précise n’ait été communiquée par les autorités béninoises.