Bénin : le projet WASH forme des vendeurs d'aliments de rue à l'hygiène

Des vendeurs et restaurateurs d’aliments de rue ont participé, du 17 au 27 juin 2026 à Abomey-Calavi, à une session de formation consacrée à l’hygiène et à la sécurité sanitaire des aliments. Organisée dans le cadre du projet WASH par la Faculté des sciences agronomiques (FSA) de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC), cette initiative vise à réduire les risques de maladies d’origine alimentaire en renforçant les pratiques des professionnels du secteur.

La formation s’est déroulée au Centre Anouarite d’Abomey-Calavi. Elle s’inscrit dans le projet intitulé « Approches fondées sur des preuves pour l’amélioration de l’hygiène et de la sécurité sanitaire des aliments de rue au Bénin, Afrique de l’Ouest », financé par RGHI/Reckitt (USA/UK) et coordonné par le Dr Sylvain Dabadé.

Une formation basée sur des preuves scientifiques

À l’ouverture des travaux, le coordonnateur du projet, le Dr Sylvain Dabadé, a expliqué que cette intervention repose sur une approche scientifique destinée à encourager un changement durable des comportements des vendeurs d’aliments de rue. Selon lui, une grande partie des maladies d’origine alimentaire est provoquée par des micro-organismes invisibles à l’œil nu, ce qui rend indispensable une meilleure sensibilisation des professionnels.

Le Dr Romaric Ouetchehou, chercheur postdoctoral à la Faculté des sciences agronomiques, a rappelé que les vendeurs constituent les premiers acteurs de la sécurité sanitaire des aliments. Il les a invités à mettre à profit cette formation pour améliorer leurs pratiques au bénéfice de la santé des consommateurs. Le Dr Mathias Hounsou, chercheur postdoctoral en nutrition et sciences alimentaires sur le projet WASH/RGHI, a souligné que l’application des bonnes pratiques d’hygiène peut également renforcer la confiance de la clientèle et contribuer au développement des activités des restaurateurs.

L’originalité du programme repose sur une démarche expérimentale. Avant cette session, une trentaine de vendeurs avaient participé à des travaux en laboratoire afin d’observer la présence de micro-organismes sur les mains et dans les aliments. Les expériences ont été filmées puis transformées en supports pédagogiques utilisés durant les enseignements. Les responsables du projet compareront ensuite les résultats obtenus auprès de trois groupes de participants afin d’évaluer l’efficacité des différentes méthodes de formation.

Des engagements pour améliorer les conditions de préparation des aliments

Au terme des trois journées de travaux, plusieurs participants se sont engagés à installer des dispositifs de lavage des mains sur leurs sites de vente, à renforcer l’entretien des ustensiles et à accorder une attention plus soutenue à l’hygiène de leur environnement de travail. Le coordonnateur du projet a annoncé qu’un suivi sera réalisé dans les prochaines semaines afin de vérifier l’application effective de ces engagements.

Les organisateurs ont également insisté sur l’implication des médias dans la diffusion des messages de prévention, estimant que la sécurité sanitaire des aliments repose sur une mobilisation conjointe des vendeurs, des consommateurs, des autorités publiques et des professionnels de l’information. Au Bénin, cette démarche rejoint les actions menées dans le cadre de la Politique nationale de sécurité sanitaire des aliments, qui vise à renforcer la prévention des risques liés à la consommation alimentaire.

Les bénéficiaires saluent une formation utile

Les participants ont exprimé leur satisfaction à l’issue de la formation. Restauratrice, Sabine Amoussou a indiqué avoir pris conscience de l’importance des bonnes pratiques d’hygiène dans la préparation des repas et souhaité que cette initiative soit étendue à d’autres professionnels. De son côté, Yvette Koto a affirmé avoir identifié plusieurs habitudes qu’elle compte désormais corriger afin d’améliorer la qualité de son activité et de sensibiliser son entourage.

La session s’est achevée par la remise d’attestations aux participants. Les responsables du projet WASH espèrent que ces professionnels contribueront désormais à diffuser les bonnes pratiques d’hygiène et de sécurité sanitaire des aliments auprès d’autres vendeurs de rue, tandis que l’équipe de recherche poursuivra le suivi de l’impact de cette approche sur le terrain.

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