Ousmane Sonko a détaillé ce dimanche 16 août les biens qu’il possède : un salaire, deux véhicules et une maison cédée à son épouse. Le président de l’Assemblée nationale s’exprimait dans un entretien spécial diffusé sur Walf TV, Xalaat TV, Solo Media Group et Sud FM.
Un défi lancé à ses opposants
Face aux interrogations récurrentes sur sa fortune personnelle, le leader du Pastef a voulu couper court à toute accusation implicite. « Je lance un défi. Qu’ils sortent autre chose », a-t-il déclaré, invitant quiconque disposerait d’éléments compromettants à les rendre publics. Il a également revendiqué une conformité totale à ses obligations légales : « J’ai jamais raté ma déclaration. Je n’ai rien à cacher ».
L’ancien Premier ministre est aussi revenu sur l’engagement électoral initial concernant la déclaration de patrimoine des dirigeants. Ce dispositif ne visait au départ que le président de la République, à son entrée et à sa sortie de fonction. Le gouvernement a ensuite proposé d’en élargir le périmètre, une extension que le Pastef dit avoir lui-même réclamée pour l’ensemble des responsables publics.
Le dossier des fonds spéciaux en toile de fond
Cette prise de parole intervient alors que l’Assemblée nationale examine une proposition de loi encadrant les crédits spéciaux, aussi appelés fonds secrets. Sonko s’est opposé à une procédure de contrôle qu’il juge disproportionnée : « Sur les fonds spéciaux, ils ne doivent pas avoir de recours ni référendum. Cette question ne vaut pas 10 milliards pour aller en élection ».
Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô a saisi le Conseil constitutionnel le 14 août sur ce texte, entraînant la suspension de la plénière initialement programmée le 19 août. Depuis la rupture survenue en mai entre Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye, l’un dirige le gouvernement et l’autre préside désormais le Parlement, une répartition qui a transformé plusieurs textes en enjeux de rapport de force entre les deux institutions.
Un précédent ancien dans la vie politique sénégalaise
La controverse sur ces fonds a pris de l’ampleur depuis que Sonko a révélé, en mai devant les députés, avoir disposé d’une enveloppe de 1,77 milliard de francs CFA à la Primature. Cette pratique remonte cependant à plusieurs décennies : sous la présidence d’Abdou Diouf, les fonds discrétionnaires alloués au chef du gouvernement atteignaient déjà 650 millions de francs CFA. Le dispositif s’est maintenu sous les mandats d’Abdoulaye Wade puis de Macky Sall, sans qu’aucun texte n’ait jamais obligé les Premiers ministres successifs à en justifier l’usage.
Certains responsables défendent une utilisation de ces ressources allant au-delà des seules questions de sécurité, citant notamment le financement d’évacuations sanitaires à l’étranger ou le soutien à des événements religieux, présentés comme une pratique de solidarité nationale ancienne au Sénégal.



