Bénin : l’IAJP appelle à un engagement responsable des jeunes africains

L’Institut des artisans de justice et de paix/Chant d’Oiseau (IAJP/CO), en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer et l’Université d’Abomey-Calavi (UAC), a organisé ce vendredi 12 juin 2026 à Cotonou un atelier de réflexion et de formation consacré à l’implication des jeunes dans la construction de l’État de droit en Afrique. Réunissant universitaires, responsables religieux, étudiants, acteurs de la société civile et professionnels des médias, la rencontre s’est achevée après une journée d’échanges consacrée aux défis de la participation citoyenne de la jeunesse africaine.

Placée sous le thème « Implication et engagement des jeunes dans la construction de l’État de droit en Afrique », l’initiative s’inscrit dans le cadre des activités de sensibilisation et de formation citoyenne menées depuis plusieurs années par l’IAJP. L’objectif affiché est de renforcer la culture démocratique et de favoriser une participation plus active des jeunes aux débats publics et aux processus de gouvernance.

L’IAJP plaide pour une jeunesse actrice du changement

Dans son mot de bienvenue, le directeur de l’IAJP/CO, le père Arnaud Éric Aguénounon , a rappelé la vocation de l’institut à servir de cadre de réflexion sur les grandes questions touchant à la justice, à la paix et à la gouvernance. Selon lui, la jeunesse constitue aujourd’hui l’un des principaux leviers du développement du continent africain et doit être davantage associée à la construction des institutions démocratiques.

Le responsable de l’IAJP a souligné que la quête d’une société plus juste et plus respectueuse des droits passe nécessairement par la formation des jeunes générations. Il a estimé que les jeunes ne doivent plus être considérés uniquement comme des acteurs électoraux occasionnels, mais comme des citoyens capables de contribuer durablement à la transformation de leurs sociétés.

Pour le directeur de l’IAJP, la réflexion sur l’État de droit doit aller au-delà des considérations juridiques et institutionnelles pour intégrer les questions de responsabilité citoyenne, de paix sociale et de promotion de la dignité humaine. Il a invité les participants à faire de cet atelier un espace de propositions concrètes au service du développement de l’Afrique.

Une ouverture marquée par l’appel de l’Église à la responsabilité citoyenne

Les travaux ont été officiellement ouverts par le père Raymond Bernard Goudjo, représentant de Mgr Aristide Gonsallo, évêque de Porto-Novo. S’exprimant au nom de la Conférence épiscopale du Bénin, il a insisté sur le lien entre l’État de droit, le bien commun et le respect de la personne humaine.

Selon lui, l’engagement des jeunes dans la vie publique demeure une nécessité pour l’avenir des sociétés africaines. Il a exhorté les participants à promouvoir une vision de l’État fondée sur la justice, la fraternité et la responsabilité, tout en rappelant que les droits et devoirs du citoyen constituent des éléments essentiels de toute démocratie durable.

Le représentant de l’Église catholique a également plaidé pour une formation de la jeunesse qui ne se limite pas aux mécanismes politiques ou économiques, mais qui accorde une place importante aux valeurs éthiques et humaines.

Les universitaires analysent les défis de l’État de droit

La journée a été rythmée par plusieurs communications scientifiques. Le docteur Gilles Badet, ancien secrétaire général de la Cour constitutionnelle et maître-assistant en droit public à l’Université d’Abomey-Calavi, a développé une réflexion sur les mécanismes constitutionnels de protection des libertés publiques et leur contribution à un engagement citoyen responsable.

De son côté, le docteur Fidèle K. Ayena, maître de conférences en science politique à la Faculté de droit et de science politique de l’UAC, a présenté des pistes visant à renforcer l’implication directe des jeunes dans les processus de construction de l’État de droit. Les échanges ont porté sur les moyens de favoriser une participation plus active de la jeunesse aux débats démocratiques, aux institutions publiques et aux initiatives citoyennes.

La Fondation Konrad Adenauer insiste sur le rôle de la jeunesse

Intervenant au nom de la Fondation Konrad Adenauer, Théodore Golli a rappelé que l’Afrique dispose de la population la plus jeune du monde. Pour lui, cette réalité représente une opportunité majeure pour le continent, à condition que les jeunes aient accès à une formation civique et politique de qualité.

Il a souligné que l’État de droit ne peut être consolidé sans citoyens informés, engagés et conscients de leurs responsabilités. Il a également encouragé les jeunes à investir les espaces de dialogue, les associations et les initiatives communautaires afin de participer pleinement à la vie publique.

Le recteur honoraire de l’Université d’Abomey-Calavi, le professeur Maxime da Cruz, a quant à lui rappelé l’ancienneté du partenariat entre l’UAC, l’IAJP et la Fondation Konrad Adenauer. Il a invité les jeunes à ne pas rester indifférents face aux atteintes aux droits et aux principes démocratiques.

Au terme des communications et du panel consacré à l’éthique et à la parole publique en Afrique, les participants ont été appelés à traduire les réflexions engagées en actions concrètes. Les organisateurs espèrent que les conclusions de cette rencontre contribueront à renforcer l’engagement citoyen des jeunes et leur participation à la consolidation de l’État de droit sur le continent africain.

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