Le Centre national d’investigations numériques (CNIN), avec l’appui d’INTERPOL, a annoncé le démantèlement d’un réseau criminel international spécialisé dans les prêts usuraires en ligne. L’opération a conduit à l’interpellation de plusieurs suspects, dont trois ressortissants asiatiques présentés par le CNIN comme les principaux responsables de cette organisation.
Selon le CNIN, le réseau ciblait des citoyens béninois au moyen d’applications mobiles promettant des crédits rapides et accessibles sans formalités. Derrière ces offres se cachait un système destiné à collecter les données personnelles des utilisateurs avant de les soumettre à des pratiques de harcèlement et d’extorsion. (📲 Rejoignez dès maintenant la communauté de La Nouvelle Tribune sur WhatsApp ! 👉 Cliquez ici pour vous abonner : https://whatsapp.com/channel/0029VaCgIOFL2ATyQ6GSS91x)
Des applications de prêt utilisées pour collecter des données personnelles
Les investigations menées par le Centre national d’investigations numériques ont permis d’identifier plusieurs applications impliquées dans cette fraude, parmi lesquelles ZeroInquietude, BoltLoan, OuiPret, CreditInstantane et LePret.
D’après le CNIN, ces applications demandaient, dès leur installation, l’autorisation d’accéder aux contacts, aux photographies, aux messages et à d’autres informations stockées sur les téléphones des utilisateurs. Ces données étaient ensuite exploitées pour exercer des pressions sur les emprunteurs lorsque les échéances de remboursement arrivaient.
Les enquêteurs indiquent que les victimes recevaient des appels répétés, des messages menaçants et faisaient l’objet de tentatives de chantage fondées sur la divulgation de leurs informations privées. Les proches des emprunteurs étaient également contactés afin d’accentuer la pression. Dans certains cas, des menaces de mort auraient été proférées, selon le CNIN.
Une organisation implantée dans plusieurs pays
Le CNIN affirme que l’enquête a permis de remonter jusqu’à des centres d’appels installés au Bénin et dans plusieurs pays de la sous-région. Des personnes recrutées sous les appellations de « téléconseiller » ou d’« agent de recouvrement » auraient participé aux opérations de relance et de harcèlement des emprunteurs.
Les renseignements recueillis par les enquêteurs béninois ont été exploités dans le cadre d’une coopération avec INTERPOL. Cette collaboration a abouti à l’interpellation de plusieurs membres présumés du réseau, dont trois ressortissants asiatiques identifiés comme les principaux organisateurs de cette activité criminelle.
Au Bénin, la collecte, le traitement et l’utilisation des données à caractère personnel sont encadrés par la législation nationale. Le CNIN rappelle également que les faits d’extorsion, de harcèlement et d’accès frauduleux à des systèmes informatiques sont passibles de poursuites pénales.
Le CNIN appelle les utilisateurs à la vigilance
À la suite de cette opération, le Centre national d’investigations numériques recommande aux utilisateurs de ne pas installer d’applications de prêt exigeant l’accès aux contacts, aux messages ou aux photographies de leur téléphone. L’institution invite également les citoyens à se montrer prudents face aux offres de crédit présentées comme instantanées et sans condition.
Le CNIN demande aux personnes victimes de harcèlement de conserver les preuves des échanges, de ne pas céder aux exigences financières des fraudeurs et de signaler les faits aux autorités compétentes par les canaux officiels. L’institution rappelle enfin que toute personne participant aux activités de ces structures, y compris dans les opérations de recouvrement, s’expose à des poursuites conformément aux dispositions de la loi. Les investigations se poursuivent afin d’identifier d’éventuels autres membres du réseau et d’établir l’ensemble des responsabilités dans cette affaire.



