BRICS : la Russie affirme que la sécurité du bloc est « constamment menacée »

Le secrétaire du Conseil de sécurité russe, Sergueï Choïgou, a déclaré mardi 23 juin que la sécurité des pays membres des BRICS faisait face à des menaces permanentes, lors d’une réunion des représentants de haut niveau du bloc chargés des questions de sécurité. Il a appelé le groupe à s’imposer comme acteur central d’un remodelage de l’architecture des relations internationales.

Ces déclarations interviennent alors que le système international traverse une phase de recomposition inédite depuis la fin de la Guerre froide. La rivalité sino-américaine, la guerre en Ukraine, le conflit israélo-iranien déclenché en février 2026 et les tensions indo-pakistanaises portées à leur niveau le plus élevé depuis des décennies forment un arrière-plan de crises simultanées auxquelles les institutions multilatérales peinent à répondre. C’est précisément ce constat que Choïgou a placé au centre de son intervention.

Les institutions internationales dans le viseur de Moscou

Le secrétaire du Conseil de sécurité russe a dressé un réquisitoire méthodique contre plusieurs organisations multilatérales. Selon lui, le rôle de coordination de l’ONU a été « réduit à zéro » par des États qui ignorent ou violent systématiquement les résolutions du Conseil de sécurité. Il a également mis en cause l’Organisation mondiale du commerce, qu’il juge incapable de protéger les participants au commerce international, ainsi que l’Organisation mondiale de la santé, accusée d’avoir privilégié les vaccins de pays « sélectionnés » durant la pandémie de Covid-19.

Choïgou a par ailleurs visé le Programme alimentaire mondial, dont les activités seraient selon lui « biaisées », et l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, qu’il accuse de politiser les conclusions de ses enquêtes à l’égard de certains États. Il a rappelé que les engagements pris envers la Russie dans le cadre de l’Initiative céréalière de la mer Noire — accord conclu en juillet 2022 sous médiation turque et onusienne, avant d’être rompu par Moscou en juillet 2023 — n’ont jamais été pleinement respectés par les parties occidentales concernées.

La CPI et la souveraineté, ligne de fracture revendiquée

Choïgou a réservé une attention particulière à la Cour pénale internationale, qu’il a qualifiée de mécanisme dont les activités représentent « une menace directe pour la souveraineté nationale des pays non occidentaux ». La CPI a émis en mars 2023 un mandat d’arrêt à l’encontre du président russe Vladimir Poutine, pour déportation présumée d’enfants ukrainiens — mandat que Moscou rejette comme nul et non avenu.

Face à ce tableau, le responsable russe a plaidé pour un « audit des institutions internationales », estimant que le droit international cède progressivement la place à ce qu’il a désigné comme la règle de la force, ou « ordre fondé sur des règles » — formule qu’il a prononcée avec une distance critique manifeste. Les BRICS, a-t-il soutenu, devraient « jouer un rôle clé » dans la construction d’une architecture plus équitable pour les relations entre États.

Le groupe BRICS, qui réunit notamment la Russie, la Chine, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud ainsi que plusieurs membres admis depuis 2024, tient son prochain sommet des chefs d’État à Kazan, en Russie, dont les travaux préparatoires au niveau sécuritaire se poursuivent tout au long du mois de juin 2026.

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