Burkina Faso : un militaire condamné à la perpétuité pour l'assassinat de sa compagne

Le tribunal de grande instance de Ouaga I a condamné, le 2 avril 2026, un militaire du Burkina Faso à la réclusion criminelle à perpétuité pour l’assassinat de sa compagne. Le verdict, révélé à la mi-juin par l’agence Apanews, sanctionne un homme marié et père de deux enfants, reconnu coupable d’avoir tué la jeune femme après une dispute liée à des soupçons d’infidélité.

Une dispute suivie de six coups de feu

Selon les éléments retenus par l’accusation, l’accusé entretenait depuis plusieurs années une relation avec sa compagne, que le média Mousso News identifie sous le prénom Ata. Les tensions se seraient multipliées à mesure que le militaire la suspectait d’infidélité. Le soir des faits, survenus courant 2025 dans le quartier Zongo de Ouagadougou, une nouvelle altercation aurait éclaté après l’annonce, par la jeune femme, de la fin de leur relation.

Le parquet a soutenu que l’accusé avait conduit sa compagne vers un lieu isolé avant de lui tirer dessus à six reprises avec son arme de service, provoquant sa mort. Toujours selon Mousso News, le corps aurait ensuite été abandonné dans une décharge, sur les conseils d’un tiers présent sur les lieux. Le militaire, identifié par le même média sous le prénom Bola, a nié toute préméditation, évoquant la confusion et l’obscurité au moment des tirs.

Un procès marqué par des versions contradictoires

À l’audience, le tribunal a interrogé l’accusé sur le port de son arme de service en dehors du cadre réglementaire, ainsi que sur les raisons l’ayant poussé à mentir à la mère de la victime sur la localisation de sa fille au moment des faits. Un examen psychiatrique évoqué lors des débats aurait conclu à l’absence de trouble chez l’accusé.

L’avocat de la défense a plaidé une requalification en meurtre, estimant que son client avait agi sous le choc d’une rupture amoureuse plutôt que dans le cadre d’un projet prémédité. Le parquet a au contraire fait valoir que le choix d’un lieu isolé et la préparation de la rencontre caractérisaient un acte réfléchi. Dans son dernier mot, l’accusé a déclaré : « Je demande pardon à la famille. Je sollicite votre clémence. »

Des réparations accordées à la famille de la victime

Dans son délibéré, le tribunal a retenu la qualification d’assassinat et prononcé la peine de réclusion criminelle à perpétuité. Le tribunal a également accordé des réparations aux proches de la victime, réparties entre l’enfant, le père et la mère, pour un montant cumulé supérieur à 60 millions de francs CFA réclamés initialement par la partie civile, complétées par une prise en charge des frais de procédure.

L’agent judiciaire de l’État, chargé de représenter les intérêts de l’État dans la procédure, a demandé au tribunal d’écarter toute responsabilité civile de la puissance publique, l’arme ayant été utilisée, selon lui, hors de tout cadre réglementaire. Contestant cette décision, le militaire a interjeté appel. Le dossier sera désormais réexaminé par la juridiction d’appel compétente, appelée à statuer à nouveau sur la qualification des faits et sur la peine prononcée.

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