Burkina : le gouvernement annonce la suspension temporaire de deux associations musulmanes

Les autorités burkinabè ont ordonné la suspension temporaire de deux associations musulmanes, selon des arrêtés signés le 9 juin 2026 par le ministre d’État chargé de l’Administration territoriale et de la Mobilité, Émile Zerbo. Les mesures concernent l’association As Salam et la Coordination des jeunes musulmans du Burkina Faso (CJMB), dont les activités sont interrompues pour une durée de trois mois sur l’ensemble du territoire national.

Cette décision a été rendue publique à travers deux textes distincts émis par le ministère de l’Administration territoriale. Les motifs invoqués diffèrent selon les structures concernées.

As Salam suspendue pour des activités jugées non conformes

Dans le cas d’As Salam, le ministère indique que la suspension est motivée par des « activités non conformes à son objet ». L’arrêté précise que la mesure prend effet immédiatement et confie au secrétaire général du ministère la responsabilité de son exécution. Aucune autre précision n’a été communiquée sur la nature exacte des activités reprochées à l’organisation. La suspension interdit à l’association de poursuivre ses activités pendant la période fixée par les autorités, sauf décision contraire prise avant l’expiration du délai.

La CJMB visée pour des troubles à l’ordre public

La seconde mesure concerne la Coordination des jeunes musulmans du Burkina Faso. Selon l’arrêté ministériel, l’organisation est suspendue pour trois mois en raison de faits qualifiés de « troubles à l’ordre public ». Les autorités n’ont pas détaillé publiquement les événements ou les actes ayant conduit à cette décision. La CJMB figure parmi les principales structures associatives de jeunesse au sein de la communauté musulmane burkinabè. La suspension entraîne l’arrêt de ses activités durant la période concernée.

Une politique de contrôle déjà appliquée à d’autres associations

Cette décision intervient alors que le gouvernement burkinabè a multiplié depuis plusieurs mois les contrôles administratifs à l’égard des associations et organisations de la société civile. Le ministère de l’Administration territoriale avait déjà prononcé la suspension de plusieurs centaines d’associations pour non-respect de certaines obligations légales, notamment le renouvellement des organes dirigeants ou la mise en conformité avec les textes régissant leur fonctionnement. D’autres structures avaient également été dissoutes à l’issue de ces vérifications administratives.

Les autorités avaient expliqué ces mesures par la nécessité de faire respecter le cadre réglementaire applicable aux associations reconnues au Burkina Faso. Sauf révision ou levée anticipée des arrêtés, les suspensions d’As Salam et de la Coordination des jeunes musulmans du Burkina Faso resteront en vigueur jusqu’au début du mois de septembre 2026.

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