Canonical équipe Ubuntu d'une IA locale pour se démarquer de Microsoft Copilot

Canonical a publié, le 27 avril 2026, sa feuille de route pour l’intégration de l’intelligence artificielle dans Ubuntu. Le document, signé par Jon Seager, vice-président chargé de l’ingénierie de l’éditeur, a été mis en ligne sur le forum officiel Ubuntu Discourse. Il y résume sa position en une formule : « Ubuntu ne sera pas un produit IA, mais peut être pertinent avec une intégration pensée. »

Cette feuille de route distingue deux catégories de fonctionnalités. Les fonctionnalités dites implicites concernent des améliorations discrètes de l’expérience existante, à commencer par la reconnaissance vocale, la synthèse vocale et l’accessibilité. Les fonctionnalités explicites, prévues pour une phase ultérieure fin 2026, couvriront des outils identifiés comme reposant sur l’intelligence artificielle : agents de dépannage, automatisation de fichiers ou analyse de journaux système.

Des modèles exécutés sur la machine plutôt que dans le cloud

Le choix technique central repose sur l’inférence locale : les calculs liés à l’intelligence artificielle s’effectueraient sur l’ordinateur de l’utilisateur, sans transmission de données vers un serveur distant. Les modèles seraient packagés sous forme de Snaps, adaptés automatiquement au matériel détecté. Canonical a déjà publié des Snaps d’inférence pour les modèles DeepSeek R1 et Qwen VL, et donnerait la priorité aux modèles à poids ouverts, dont les licences seraient compatibles avec les principes open source de l’éditeur.

Premier exemple concret de cette approche, l’outil Myna, consacré à la dictée vocale, doit être intégré dès Ubuntu 26.10, attendu en octobre 2026. Il fonctionnera sous Wayland avec l’environnement GNOME, sera activable par raccourci clavier, et traiterait l’audio en mémoire avant de l’effacer après chaque utilisation, sans connexion réseau requise une fois les modèles installés.

Pas de bouton unique pour désactiver l’intelligence artificielle

Interrogé sur la possibilité d’un interrupteur général permettant de couper toutes les fonctions liées à l’intelligence artificielle, Jon Seager a répondu que cette option serait trop complexe à mettre en œuvre. Le contrôle se ferait plutôt fonctionnalité par fonctionnalité : chaque brique d’intelligence artificielle étant distribuée comme un Snap distinct, la retirer suffirait à désinstaller le paquet correspondant.

Pour les premières versions, ces fonctionnalités resteraient facultatives. Ubuntu 26.10 les proposerait sur une base opt-in ; à partir d’Ubuntu 27.04, un assistant de configuration demanderait à l’utilisateur, lors de l’installation, quelles fonctions d’intelligence artificielle activer.

Cette annonce intervient après deux épisodes ayant suscité des critiques chez des concurrents : en fin d’année 2025, Mozilla avait dû promettre un bouton de désactivation pour Firefox après que son dirigeant ait évoqué un navigateur pensé pour l’intelligence artificielle moderne ; début 2026, Microsoft avait retiré la mention « Copilot » de plusieurs applications de Windows 11, sur fond de scepticisme boursier autour de sa stratégie d’intelligence artificielle.

Canonical n’a pas communiqué de liste précise des modèles qui seraient intégrés au-delà de Myna, DeepSeek R1 et Qwen VL. Les premières fonctionnalités implicites doivent rejoindre les versions de développement d’Ubuntu dans les prochaines semaines, en amont de la sortie d’Ubuntu 26.10 en octobre.

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