Drogue au Bénin : le cannabis et les faux médicaments dominent les consommations

Cannabis en tête, médicaments contrefaits en embuscade, drogues dures encore rares — c’est le tableau dressé par le Contrôleur Général Major de Police Didier ATCHOU lors de la 39ème Journée mondiale de lutte contre la drogue, célébrée vendredi 26 juin 2026 à Nikki, dans le département du Borgou.

Le 26 juin marque chaque année, depuis 1987, la Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues, instituée par l’Assemblée générale des Nations Unies pour fédérer les efforts mondiaux contre ce fléau. Cette édition 2026, placée sous le thème « Le problème mondial de la drogue : des enjeux persistants, de nouveaux défis, des réponses innovantes », a réuni à Nikki les Préfets des départements de l’Alibori, du Borgou et de la Donga, sous la présidence du Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Djibril MAMA CISSÉ.

Un état des lieux de la consommation de drogues

Le Contrôleur général major Didier ATCHOU, secrétaire permanent de la Commission interministérielle de lutte contre l’abus des stupéfiants et des substances psychotropes, a présenté les principales tendances observées sur le terrain. Selon les données issues du suivi des personnes interpellées dans les lieux publics tels que les ghettos, les kiosques et les gares routières, le cannabis demeure de loin la substance la plus consommée. Il est suivi par les médicaments contrefaits, vendus sous des appellations populaires comme Tratra, 5/5, para jaune, para évènement ou encore King. Distribués à travers des circuits pharmaceutiques clandestins, ces produits représentent un risque majeur, en particulier pour les jeunes.

À l’inverse, la consommation de cocaïne et d’héroïne reste marginale au Bénin. À l’échelle mondiale, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) estime que plus de 300 millions de personnes consomment des drogues, toutes substances confondues.

L’État mobilise ses services et mise sur la réinsertion

Le ministre Djibril MAMA CISSÉ a rappelé l’implication des différents services compétents — Police, Douane, Eaux et Forêts ainsi que les juridictions — dans la lutte contre le trafic illicite de drogues. Il a souligné que le thème choisi constitue « un appel pressant à adapter les stratégies face à la diversification des marchés et à l’extension des réseaux de trafic ». Le ministre a insisté sur la dimension sociale du dispositif mis en place, notamment le renforcement des centres de désintoxication, l’accompagnement psychosocial et les programmes de réinsertion des personnes dépendantes.

Cette approche sanitaire traduit les engagements de la Convention unique sur les stupéfiants de 1961, texte de référence du cadre juridique international auquel le Bénin est partie, et qui oblige les États à assurer à la fois la répression du trafic et la prise en charge médicale et sociale des personnes dépendantes. Le prochain rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) sur la situation des drogues en Afrique de l’Ouest devrait permettre de mieux situer le Bénin et d’orienter les futures priorités de la Commission interministérielle.

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