À trois jours de l’ouverture de la Coupe du monde aux États-Unis, l’Association Internationale de la Presse Sportive (AIPS) a adressé le 5 juin 2026 une lettre formelle à la FIFA pour signaler que de nombreux journalistes accrédités, originaires d’Iran et de plusieurs pays africains, se sont vu refuser les visas nécessaires pour couvrir le tournoi sur sol américain.
Dans ce courrier adressé au directeur des relations médias de la FIFA, Bryan Swanson, le président de l’AIPS, Gianni Merlo, indique que certains journalistes africains dont les équipes nationales disputent des matches à la fois aux États-Unis, au Canada et au Mexique n’ont reçu qu’une autorisation d’entrée unique. Concrètement, tout correspondant qui suivrait sa sélection lors d’un déplacement au Canada ou au Mexique ne pourrait plus rentrer sur le territoire américain pour la suite du tournoi. Les phases finales, à partir des quarts de finale, se tiennent exclusivement aux États-Unis, dont la finale prévue le 19 juillet au MetLife Stadium dans le New Jersey.
Des restrictions officielles qui excluent les journalistes
Les États-Unis maintiennent des interdictions de voyage actives pour les ressortissants d’Iran, d’Haïti, du Sénégal et de la Côte d’Ivoire — quatre pays qualifiés pour le tournoi. Des mesures de caution visa supplémentaires s’appliquent à l’Algérie, au Cap-Vert et à la Tunisie. Si les athlètes, le staff technique et les membres de la famille directe sont exemptés de ces restrictions, les supporters et les journalistes ne le sont pas.
Ce traitement contraste avec les précédentes éditions du tournoi. En 2018, la Russie avait instauré un système de Fan ID permettant une entrée sans visa pour tous les détenteurs de billets, y compris les accrédités presse. Au Qatar en 2022, bien que Reporters sans frontières (RSF) ait critiqué des restrictions de tournage dans certaines zones, l’édition avait enregistré la plus grande couverture médiatique de l’histoire de la Coupe du monde, avec plus de 12 000 demandes d’accréditation traitées par la FIFA. Aucune des deux éditions n’avait enregistré de refus d’accès fondés sur la nationalité du journaliste.
La FIFA renvoie vers Washington, Washington ne répond pas
Un porte-parole de la FIFA a indiqué que l’entrée sur le territoire des pays hôtes relève des autorités migratoires, et non de l’organisation sportive, tout en précisant que la FIFA soutient les journalistes accrédités et les aide à obtenir des rendez-vous consulaires accélérés si nécessaire. Le département d’État américain n’avait pas répondu aux demandes de commentaires au moment de la publication de la lettre de l’AIPS.
En décembre 2025, le président Gianni Infantino avait remis à Donald Trump le premier FIFA Peace Prize lors de la cérémonie du tirage au sort à Washington. Quelques jours avant l’ouverture du tournoi, il publiait sur Instagram : « L’Amérique est prête à accueillir le monde. » La FIFA a par ailleurs distribué environ 16 000 accréditations médias pour l’édition 2026 répartie entre les trois pays hôtes.
L’AIPS n’a pas communiqué de chiffre précis sur le nombre total de journalistes concernés par ces refus. Le tournoi, qui réunit 48 équipes pour la première fois de son histoire, débute le 11 juin 2026 par le match Mexique – Afrique du Sud à l’Estadio Azteca de Mexico.



