Iran : Nétanyahou n'exclut pas un troisième assaut si la menace nucléaire ressurgit

Deux semaines après la signature d’un accord censé clore quatre mois de guerre, Benjamin Nétanyahou prévient déjà que Tsahal pourrait revenir frapper l’Iran. Lors d’un entretien accordé mardi soir à la Chaîne 14, dans l’émission HaPatriotim animée par Yinon Magal, le Premier ministre israélien a déclaré que deux offensives militaires avaient permis d’écarter le risque d’une arme nucléaire iranienne, ajoutant qu’une troisième serait engagée « si nécessaire ».

Un protocole d’accord désormais public

Le texte évoqué par M. Nétanyahou n’est plus tenu secret. Le Protocole d’accord d’Islamabad, négocié sous l’égide du Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, a été conclu à la mi-juin entre le président américain Donald Trump et son homologue iranien Massoud Pezeshkian. Composé de quatorze points, le document prévoit la réouverture complète du détroit d’Ormuz, l’arrêt des opérations militaires sur tous les fronts — Liban inclus — ainsi qu’un engagement iranien à ne jamais se doter de l’arme nucléaire. Le stock d’uranium déjà enrichi par Téhéran doit être dilué sur place, sous contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique. En échange, Washington s’engage à débloquer les avoirs iraniens gelés et à financer la reconstruction du pays à hauteur de 300 milliards de dollars. Une période de négociation de soixante jours doit désormais fixer les modalités définitives sur la question sensible de l’enrichissement.

Une menace qui anticipe les failles du texte

C’est précisément ce point — l’enrichissement futur — que l’accord renvoie à plus tard, sans le trancher. Le paragraphe 8 du protocole prévoit que les deux parties discuteront de la question de l’enrichissement dans le cadre d’un accord final encore à négocier, ce qui laisse ouverte la possibilité que l’Iran conserve une capacité technique. C’est cette zone grise que M. Nétanyahou cible en agitant l’option d’une troisième intervention. Le ministre de la Défense Israël Katz a, de son côté, déjà donné un nom à ce scénario : l’opération « Bleu-Blanc », pour laquelle Tsahal disposerait d’une banque de cibles prête. Les deux dirigeants relient directement cette option à un retour de Téhéran vers l’enrichissement militaire, sans fixer de seuil ni de calendrier précis.

Une coalition israélienne sous tension

Cette sortie médiatique survient alors que l’opposition israélienne dénonce les contradictions du discours gouvernemental sur le niveau réel de la menace iranienne. Le chef du parti Yesh Atid, Yaïr Lapid, a reproché à l’exécutif d’affirmer en même temps qu’Israël serait à un pas d’une domination régionale et à un pas d’une mort de masse, jugeant les deux affirmations incompatibles à quelques minutes d’intervalle. L’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot a pour sa part dénoncé un déni persistant face aux attentes du pays. M. Nétanyahou a par ailleurs profité de l’entretien pour défendre la formation d’un gouvernement élargi associant les partis ultra-orthodoxes et le ministre Itamar Ben Gvir, ainsi que pour réaffirmer son intention de poursuivre la réforme du système judiciaire.

La fenêtre de soixante jours ouverte par le protocole d’Islamabad doit déterminer si Téhéran accepte de renoncer durablement à toute capacité d’enrichissement, ou si les deux camps reviennent à la table des négociations sans accord final. C’est cette échéance, attendue autour de la mi-août, qui dira si la mise en garde de M. Nétanyahou reste un avertissement diplomatique ou se transforme en préparatif opérationnel.

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