Abdollah Haji-Sadeghi, représentant du Guide suprême au sein du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), a affirmé ce dimanche que la République islamique d’Iran ne renoncera jamais à son hostilité envers les États-Unis, lors d’une cérémonie organisée à l’Université de Téhéran. L’événement marquait la commémoration du chahid Mostafa Chamran et la Journée de la Bassidj des enseignants, devant un public d’universitaires membres de cette organisation paramilitaire.
Une hostilité présentée comme permanente
Devant les enseignants bassidjis réunis dans l’amphithéâtre, Haji-Sadeghi a développé trois principes qu’il a rattachés à une lecture coranique de la confrontation avec les puissances occidentales. Il a soutenu que l’opposition de Téhéran à ce qu’il a qualifié d’arrogance impérialiste ne connaîtra jamais de terme, écartant toute perspective de rapprochement avec Washington ou de recul sur la question palestinienne.
Le responsable religieux a insisté sur la distinction entre négociation et réconciliation. Selon lui, toute discussion engagée avec un adversaire désigné obéit à une logique comparable à celle d’un conflit armé : elle vise exclusivement à faire valoir des droits considérés comme spoliés, sans impliquer un rapprochement diplomatique ou une normalisation des relations. Il a ajouté qu’aucun engagement pris par la partie adverse ne pouvait être considéré comme durable, justifiant ainsi une vigilance permanente dans le cadre de tout pourparler.
Le rôle institutionnel du représentant du Guide au CGRI
Cette fonction occupée par Haji-Sadeghi constitue un canal de supervision idéologique directement rattaché au bureau du Guide suprême Ali Khamenei au sein de l’institution militaire. Les représentants du Guide suprême sont présents dans plusieurs corps de l’État iranien, dont l’armée régulière et le CGRI, avec pour mission de veiller à la conformité des orientations stratégiques avec la doctrine du régime. Cette double tutelle, religieuse et politique, donne à ses interventions publiques un poids qui dépasse le cadre d’une simple déclaration militaire.
L’intervention de dimanche renvoie à une série de prises de parole similaires de la part du même responsable au cours des dernières semaines. Lors d’un hommage rendu récemment au général Mohammad Pakpour, ancien commandant des forces terrestres du CGRI, Haji-Sadeghi avait déjà tenu des propos comparables, affirmant que l’Iran négocierait toujours en position de force face à un adversaire qu’il avait qualifié de vaincu.
Une position qui rejoint celle d’autres responsables du CGRI
Les déclarations de ce dimanche font écho à des prises de position antérieures d’autres figures du commandement du CGRI. Lors de la cérémonie en mémoire du général Pakpour, Haji-Sadeghi avait précisé que la République islamique, si elle venait à entrer en négociation, le ferait au nom d’une nation qu’il a présentée comme victorieuse, et non depuis une position de faiblesse, tout en réaffirmant l’absence de confiance envers les engagements américains.
Le représentant du Guide suprême a mentionné par ailleurs les opérations navales récentes menées par les forces armées iraniennes, qu’il a présentées comme une réponse à des pressions exercées dans la région. Il n’a pas précisé de calendrier concernant d’éventuels pourparlers à venir avec les États-Unis, se limitant à fixer le cadre doctrinal dans lequel toute négociation future devrait, selon lui, s’intégrer. Aucune réaction officielle de Washington n’avait été rapportée au moment de la publication de ces déclarations par les agences iraniennes.



