Le gouvernement de Guinée équatoriale a rejeté publiquement, ce dimanche, les accusations formulées par plusieurs organisations non gouvernementales qui dépeignent le pays comme un État violant les droits humains dans le cadre de son accord d’expulsion de migrants avec Washington. La mise au point, publiée sur le compte X de Teddy Nguema, fils du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo et vice-président du pays, qualifie ces accusations d’« infâmes » et de « dépourvues de fondement méthodologique ».
L’accord entre Malabo et Washington, conclu en marge de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2025, prévoit l’accueil sur le sol équato-guinéen de ressortissants étrangers expulsés des États-Unis — des individus dont le retour dans leur pays d’origine est impossible ou contesté juridiquement. En échange, l’administration Trump a versé 7,5 millions de dollars au gouvernement de Guinée équatoriale, prélevés sur un fonds du Département d’État initialement destiné à l’aide humanitaire aux réfugiés.
Un mécanisme désormais répandu en Afrique
La Guinée équatoriale n’est pas un cas isolé. À ce jour, l’administration américaine a eu recours à ce type d’accords pour expulser environ 19 000 ressortissants de pays tiers vers au moins 23 États, dont le Ghana, le Rwanda, l’Ouganda, la RDC, l’Eswatini et le Soudan du Sud. Au Ghana, 14 hommes sont arrivés le 4 septembre 2025 dans le cadre d’un dispositif similaire. Le gouvernement ghanéen a confirmé les transferts et indiqué que de nouveaux arrivants étaient attendus dans les semaines suivantes, tout en affirmant n’avoir perçu aucun paiement en contrepartie.
À janvier 2026, la Guinée équatoriale avait reçu 29 ressortissants de pays tiers, dont la majorité a été rapidement réacheminée vers son pays d’origine. C’est précisément ce réacheminement que le vice-président Nguema présente comme une preuve de respect de la dignité humaine, affirmant que « chaque personne peut choisir librement sa destination ».
Un accord sous pression judiciaire et diplomatique
Deux jours avant cette déclaration, le 5 juin 2026, une plainte a été déposée devant la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples au nom de 14 expulsés, contestant spécifiquement l’accord entre Malabo et Washington. Les requérants dénoncent le renvoi de personnes vers un pays avec lequel elles n’ont aucun lien et dont elles ne parlent pas la langue.
Un tribunal fédéral américain a par ailleurs déclaré illégale, le 25 février 2026, la politique d’expulsion vers des pays tiers sans notification préalable ni possibilité réelle de faire valoir une crainte de persécution — une décision dont la portée reste suspendue à un recours en cours devant la Cour suprême des États-Unis. L’issue de cette procédure déterminera si de nouveaux transferts vers la Guinée équatoriale, et vers les autres pays signataires d’accords similaires, pourront se poursuivre.
