L'Iran riposte aux frappes sur Qeshm avec des missiles sur les bases américaines du Golfe

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, venait d’écarter publiquement toute rencontre entre le guide suprême Mojtaba Khamenei et le président américain Donald Trump, la qualifiant d’irréaliste pour des raisons de sécurité. Quelques heures plus tard, les échanges de frappes reprenaient dans le détroit d’Ormuz.

Selon l’Iran, dans la nuit du vendredi 5 au samedi 6 juin 2026, la Force aérospatiale du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a tiré des missiles balistiques sur deux bases militaires américaines au Koweït et sur des installations à Bahreïn. Les USA ont affirmé avoir intercepté la plupart des missiles. Cette attaque fait suite à des frappes américaines menées plus tôt dans la soirée contre des sites de radars de surveillance côtière iraniens à Goruk, sur le continent, et sur l’île de Qeshm, dans le détroit d’Ormuz.

Washington justifie ses frappes par la menace sur le trafic maritime

Le Commandement central des forces armées américaines (Centcom) a indiqué avoir au préalable intercepté et détruit quatre drones iraniens à usage unique qui se dirigeaient vers le détroit d’Ormuz. L’état-major américain a présenté les frappes sur Goruk et Qeshm comme des mesures de légitime défense, précisant que les drones « représentaient une menace immédiate pour le trafic maritime régional ». Les forces américaines « restent positionnées pour répondre à toute agression iranienne injustifiée », a ajouté le Centcom dans son communiqué.

L’île de Qeshm avait déjà été visée lors d’un échange de tirs antérieur dans la même semaine. Le Centcom avait alors décrit ses frappes comme des « actions défensives » contre une station de contrôle au sol iranienne.

Le Koweït condamne les tirs sur son territoire

Le Koweït a condamné les attaques sur son sol. Le ministère koweïtien des Affaires étrangères a averti que « la répétition de ces agressions compromet les efforts de désescalade et menace la sécurité régionale ».

Un cessez-le-feu avait été instauré début avril 2026, après plus d’un mois de combats déclenchés par des frappes américano-israéliennes contre l’Iran le 28 février. Les négociations de paix, entamées au Pakistan en avril, n’ont pas abouti. Trump a depuis prolongé la trêve sans échéance fixe, tout en maintenant un blocus naval américain dans le détroit, dont la levée reste l’un des principaux points de blocage des pourparlers.

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a indiqué cette semaine que des discussions préliminaires sur un cadre nucléaire étaient en cours, sans qu’un calendrier de reprise formelle des négociations ait été annoncé.

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