Treize arrestations en une nuit : la qualification du Maroc face aux Pays-Bas a viré aux échauffourées dans les rues de La Haye. Le scénario rappelle, à un an d’écart et à des milliers de kilomètres, les violences qui avaient entaché la finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 à Rabat. La police néerlandaise a confirmé les interpellations après la qualification des Lions de l’Atlas aux tirs au but en huitième de finale du Mondial 2026.
Des projectiles contre les forces de l’ordre à Schilderswijk
Les célébrations ont rapidement dégénéré dans le quartier de Schilderswijk, foyer de la diaspora marocaine de la capitale néerlandaise. Selon la police, des supporters ont visé les agents avec des pierres et des feux d’artifice, tandis que des billes en plastique étaient tirées à l’aide d’armes fabriquées pour l’occasion. Des policiers à moto ont également été pris pour cible. Le maire de La Haye, Jan van Zanen, a tenu à distinguer les célébrants pacifiques de ceux ayant commis des violences : « La violence contre les policiers est inacceptable et n’a rien à voir avec la célébration du football ». Des débordements similaires, bien que moins violents, ont aussi été rapportés à Amsterdam, Rotterdam et Utrecht, où des automobilistes circulant avec des drapeaux marocains ont multiplié les infractions au code de la route.
Un précédent encore frais : la finale de la CAN 2025
Cinq mois plus tôt, des incidents avaient déjà éclaté à Rabat lors de la finale de la CAN 2025 entre le Maroc et le Sénégal. Sur la pelouse, des volontaires marocains s’en étaient pris au gardien remplaçant sénégalais après que celui-ci les eut empêchés de s’emparer des serviettes d’Édouard Mendy. Dans les tribunes, des affrontements avaient opposé des supporters sénégalais aux forces de l’ordre marocaines. Dix-huit d’entre eux avaient été arrêtés et poursuivis pour hooliganisme. Leurs peines, allant de trois mois à un an de prison ferme, ont été confirmées en appel le 13 avril dernier par la justice marocaine, qui s’est appuyée sur les images diffusées en direct pour justifier le flagrant délit. Cette décision judiciaire est intervenue alors même que le Sénégal contestait, devant le Tribunal Arbitral du Sport, l’attribution du titre continental au Maroc par la CAF.
Deux scènes de désordre, deux situations distinctes
Les deux séquences ne se confondent pas. À Rabat, les heurts s’étaient produits à l’intérieur même de l’enceinte sportive, pendant la rencontre, et avaient donné lieu à des poursuites pénales individualisées contre des supporters identifiés. À La Haye, les incidents sont survenus en marge de célébrations de rue spontanées, après le coup de sifflet final, dans un format proche de débordements déjà observés aux Pays-Bas lors de précédentes qualifications du Maroc en compétition internationale. Le sélectionneur marocain Walid Regragui avait lui-même reconnu, après la finale de la CAN, que l’image renvoyée par ces scènes était préjudiciable au continent.
La police néerlandaise n’a pas précisé si les personnes interpellées à La Haye seront poursuivies, ni selon quel régime pénal. Le parquet de La Haye doit indiquer dans les prochains jours les suites judiciaires réservées aux treize personnes arrêtées.



