Le président nigérian Bola Tinubu a annoncé, le 12 juin à Abuja lors de la Journée de la démocratie, une baisse de 81 % des décès liés au terrorisme depuis 2015. Le chef de l’État a présenté ce chiffre en détaillant le bilan sécuritaire de son administration, marqué selon lui par un changement de méthode dans la conduite des opérations militaires.
Une stratégie de ciblage fondée sur le renseignement
« Nous sommes passés de l’entraînement avec nos alliés, les États-Unis, la France et d’autres pays européens, jusqu’à un ciblage de précision », a déclaré le président. Il a cité l’exemple d’Arège, dans l’État de Borno, où l’armée aurait dégradé un centre de commandement de la province ouest-africaine de l’État islamique (ISWAP). « Les décès liés au terrorisme sont en baisse de 81 % depuis 2015 », a-t-il ajouté, précisant que « plus de 13 000 terroristes ont été neutralisés » au cours de la dernière année.
Cette annonce intervient quelques semaines après une opération militaire conjointe lancée le 16 mai 2026 par le Nigeria et les États-Unis contre l’ISWAP et Boko Haram dans le nord-est du pays, au cours de laquelle un commandant de l’ISWAP, Abu-Bilal al-Minuki, aurait été tué et environ 175 combattants neutralisés selon les autorités nigérianes.
Le programme de reddition reste actif
Le président a précisé que la voie de la reddition demeure ouverte aux combattants encore actifs. « Nous gardons aussi la porte de la reddition ouverte. Plus de 124 000 chasseurs et personnes à charge ont déposé les armes depuis 2023 grâce à l’Opération Safe Corridor », a-t-il indiqué, en référence au programme fédéral de désarmement et de réinsertion.
Tinubu a toutefois reconnu que l’enlèvement récent d’enfants dans les États d’Oyo et de Borno avait pesé sur le climat national : « Bien que l’humeur de cette année soit assombrie par l’enlèvement de nos enfants à Oyo et Borno, nous espérons leur retour sain et sauf. »
Recrutements massifs et budget record pour 2026
« La démocratie sans sécurité n’est pas assez solide », a déclaré le président, justifiant ainsi la déclaration d’une urgence sécuritaire par son administration. Cette mesure a conduit à « l’approbation du recrutement de plus de 50 000 nouveaux policiers » ainsi que de « milliers de recrues militaires ». Tinubu a précisé que les engagements budgétaires 2026 atteignaient « 5 410 milliards de nairas — notre plus grand jamais enregistré — pour la défense et la sécurité ».
Le président a conclu en assurant que son administration restait « toujours prête à faire bien plus pour protéger notre peuple ». Le déploiement effectif des nouvelles recrues policières et militaires annoncées devrait constituer la prochaine étape concrète de ce plan, dont le calendrier n’a pas été précisé par la présidence.
