Le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) a tranché en faveur de la Confédération africaine des sports boules (CASB) dans le litige qui l’opposait à la Fédération internationale de pétanque et jeu provençal (FIPJP). La décision, rendue le 21 mai 2026, annule le retrait de reconnaissance précédemment décidé contre l’instance africaine et la rétablit dans son statut de confédération continentale représentative du sport boules en Afrique.
La décision du TAS intervient à l’issue d’une procédure introduite le 11 mai 2025 par la CASB, après une série de mesures contestées prises par la FIPJP. Selon les éléments exposés lors d’une conférence de presse tenue à Cotonou vendredi 12 juin 2026, ces mesures avaient conduit à la remise en cause de la reconnaissance de la confédération africaine, dans un contexte de tensions croissantes autour de la gouvernance du sport boules au niveau international. En statuant en faveur de la CASB, le tribunal arbitral a estimé que les décisions de la fédération internationale ne respectaient pas les exigences procédurales et institutionnelles applicables, et a en conséquence ordonné leur annulation.
Au-delà de la reconnaissance institutionnelle rétablie, la sentence du TAS impose également des obligations financières à la FIPJP. Celle-ci devra supporter 90% des frais d’arbitrage, tandis que la CASB en assumera 10%. La juridiction a en outre ordonné le remboursement de sommes liées à la procédure, évaluées à environ 3.000 francs suisses au titre des dépens. Pour les responsables de la confédération africaine, ces éléments renforcent la portée de la décision, qui consacre à la fois la légitimité juridique de leur démarche et la reconnaissance de leur position dans le conflit.
Retour sur une crise institutionnelle profonde : les vérités du président de la CASB
Lors de la conférence de presse organisée à Cotonou, le président de la CASB, l’He El Hadj Ibrahima a longuement replacé cette décision dans son contexte institutionnel. Dans une déclaration marquée par un ton à la fois revendicatif et apaisé, il a rappelé que la confédération a traversé « une période particulièrement agitée et difficile » à la suite de la décision de la FIPJP. Il a notamment souligné que le retrait de reconnaissance avait « profondément affecté le fonctionnement normal » de l’organisation africaine et remis en cause « plus de vingt années d’efforts consacrés à la structuration et au rayonnement des sports boules africains ».
Face à cette situation, a-t-il poursuivi, la CASB a choisi la voie juridique en saisissant le Tribunal Arbitral du Sport, juridiction internationale de référence en matière de litiges sportifs. Selon lui, cette démarche visait avant tout à faire valoir les droits de l’institution africaine et à préserver la stabilité du mouvement sportif continental.
Une lecture juridique centrée sur les irrégularités procédurales
Dans la continuité de ces explications, le conseiller juridique de la CASB, Maître Brice Houssou est revenu de manière plus technique sur les fondements de la décision arbitrale. L’avocat de la confédération a rappelé que le litige trouve son origine dans une série de correspondances et de décisions prises par la FIPJP, notamment autour de la reconnaissance de la représentativité de la CASB. Il a indiqué que le TAS a considéré que les décisions contestées, notamment celles ayant conduit au retrait de reconnaissance, étaient entachées d’irrégularités procédurales.
Selon ses explications, la juridiction arbitrale a notamment estimé que les conditions de notification et de motivation des décisions n’étaient pas conformes aux standards attendus dans les organisations sportives internationales. Il a également souligné que la CASB avait été informée de certaines décisions par simple courrier électronique, sans respect des exigences de motivation détaillée, ce que le tribunal a pris en considération dans son appréciation.
Une crise révélatrice des enjeux de gouvernance du sport boules
De son côté, Sadik Guermah, actuel Secrétaire exécutif de la CASB a adopté un ton plus politique lors de son intervention. Il a estimé que cette affaire révèle des enjeux plus larges liés à la gouvernance du sport boules sur le continent africain. Il a évoqué des « difficultés structurelles » et des « interférences » ayant, selon lui, fragilisé certaines fédérations nationales.
Sans entrer dans tous les détails des tensions évoquées, il a toutefois insisté sur la nécessité de renforcer la cohésion interne du mouvement africain. Il a affirmé que la CASB entend désormais « tendre la main à toutes les parties concernées » afin de favoriser une nouvelle dynamique fondée sur le dialogue, la coopération et la stabilité institutionnelle.
Vers une phase d’apaisement et de reconstruction institutionnelle
À l’issue de la lecture du communiqué final, la CASB a exprimé sa gratitude à l’ensemble des fédérations nationales africaines, aux dirigeants sportifs, aux athlètes, aux encadreurs ainsi qu’aux partenaires institutionnels ayant soutenu la démarche durant la procédure. Tout en saluant cette issue favorable, la confédération affirme vouloir ouvrir une nouvelle phase axée sur la réconciliation et le développement harmonieux du sport boules, en Afrique comme à l’international.



