Pour Trump, le conflit en Iran est un « exercice militaire », pas une grande guerre

L’Opération Epic Fury, lancée le 28 février 2026 par les États-Unis et Israël contre l’Iran, a coûté la vie à 13 militaires américains et en a blessé 290 autres, selon le Commandement central américain (CENTCOM). En représailles aux frappes initiales, l’Iran a répliqué avec plus de 500 missiles balistiques et 2 000 drones en quatre jours, selon les données du Pentagone et du CENTCOM, touchant des bases américaines au Koweït, en Arabie saoudite et dans plusieurs pays du Golfe. Trois mois après le début des opérations, Donald Trump a tenu à recadrer publiquement la nature du conflit.

Le président américain a accordé le vendredi 5 juin 2026 une interview à l’émission Meet the Press de NBC News, diffusée dimanche depuis Chippewa Falls, dans le Wisconsin. Face à la journaliste Kristen Welker, il a qualifié le conflit en Iran d’« exercice militaire » et non de « grande guerre ». Il a réaffirmé que la marine et l’armée de l’air iraniennes avaient « totalement disparu », tout en ajoutant que les forces terrestres iraniennes avaient été « en quelque sorte laissées tranquilles », au motif qu’elles seraient « modérées ».

Des déclarations en contradiction avec ses propres positions

Cette formulation tranche avec les annonces faites par Trump lui-même au cours des semaines précédentes. Le 11 avril, dans une publication sur Truth Social, il avait écrit que les États-Unis avaient « complètement détruit l’armée iranienne, y compris leur marine et leur armée de l’air entières ». Le lendemain, devant des journalistes à la descente d’Air Force One, il avait affirmé que « 158 navires » avaient été coulés. NBC News, qui a procédé au fact-checking de l’interview diffusée dimanche, note que Trump a également contredit sa promesse de campagne de ne lancer aucune nouvelle guerre, déclarant : « Je n’ai pas garanti l’absence de guerre. »

Un accord sur l’uranium en discussion

Sur le terrain diplomatique, Trump a indiqué lors de la même interview que Washington était prêt à travailler avec Téhéran pour récupérer et détruire son uranium hautement enrichi dans le cadre d’un accord de paix. Il a précisé ne pas envisager de retrait des troupes américaines tant qu’un tel accord n’aurait pas été conclu. Un sondage Economist/YouGov publié cette semaine indique que 68 % des Américains souhaitent mettre fin au conflit le plus rapidement possible, dont 55 % des électeurs ayant soutenu Trump en 2024. Aucune date de reprise des négociations n’a été annoncée à l’issue de l’entretien.

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