Le président russe, Vladimir Poutine, a dénoncé l’ordre mondial fondé sur des règles défendu par les pays occidentaux, l’accusant de masquer des visées néocoloniales. Son message, lu lors de l’ouverture du XIIe forum international scientifique et d’experts Lectures Primakov à Moscou le 23 juin, a été transmis par son conseiller pour les affaires internationales, Iouri Ouchakov.
Le forum, organisé par l’institut IMEMO en partenariat avec le Centre Evgeny Primakov pour la coopération internationale, se tient les 23 et 24 juin à l’hôtel Radisson Blu Leninsky Prospect, et coïncide avec le 70e anniversaire de l’institut. L’événement, intitulé « Un monde sans règles : jeu de puissance ? », réunit des responsables russes de premier plan ainsi que des experts internationaux en sécurité et en économie mondiale.
Une dénonciation des règles occidentales
Dans son message, Poutine affirme que les pays occidentaux défendent une paix fondée sur des règles, mais que cette formule recouvre des ambitions ouvertement néocoloniales, un manque de respect de la souveraineté des États indépendants. Le président russe indique que la Russie, comme de nombreux autres pays, rejette catégoriquement ces règles. Il oppose à ce modèle des fondements qu’il juge réellement démocratiques pour l’ordre mondial : des normes de droit international contraignantes pour tous les États, l’autorité du Conseil de sécurité des Nations unies, ainsi que le respect mutuel et la liberté de choix de chaque pays dans sa trajectoire de développement.
Un forum centré sur la fragmentation de l’ordre international
Le thème retenu pour cette édition reflète un constat plus large partagé par les organisateurs. Alexandre Dynkine, président de l’IMEMO et membre de l’Académie des sciences de Russie, estime que l’ordre mondial libéral fondé sur des règles a définitivement disparu entre 2022 et 2026, cédant la place à une fragmentation de l’architecture politique et économique mondiale. Le forum réunit une cinquantaine d’experts venus d’une vingtaine de pays, dont l’Inde, les États-Unis, le Royaume-Uni, la Suisse, la Chine, la Turquie, le Qatar, l’Iran, la Corée du Sud et l’Ouzbékistan, la délégation indienne étant la plus importante parmi les participants étrangers.
Le programme aborde également les conséquences mondiales des conflits régionaux, l’évolution du conflit au Moyen-Orient, ainsi que les risques liés à l’effondrement du système de contrôle des armements, alors que le traité New START a pris fin. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, prend également la parole durant les deux journées de débats.
Les échanges du forum se poursuivent jusqu’au 24 juin, avec des sessions consacrées à la sécurité eurasiatique, à la rivalité technologique et militaire liée à l’intelligence artificielle, ainsi qu’aux scénarios envisagés pour un nouvel ordre mondial.



