L’opposant congolais Martin Fayulu a été blessé le vendredi 12 juin à Kinshasa, lors d’un rassemblement organisé par l’opposition aux abords du Parlement, survenu au lendemain de l’adoption par l’Assemblée nationale d’une loi ouvrant la voie à un référendum constitutionnel. La mobilisation a rapidement dégénéré en violences entre militants de l’opposition, sympathisants du pouvoir et forces de l’ordre.
Des heurts devant le Palais du Peuple
Une coalition réunissant les principaux partis de l’opposition congolaise avait appelé à un sit-in ce vendredi devant le Parlement afin de protester contre le projet de révision de la Constitution. Le rassemblement, qui comptait environ une centaine de participants, a été dispersé à l’aide de gaz lacrymogènes. Des policiers, appuyés par des partisans du camp gouvernemental, ont également pris pour cible le siège d’un parti d’opposition, en lançant des pierres et en utilisant des lances à eau, ce qui a forcé plusieurs manifestants à se réfugier dans les locaux de l’Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECiDé), formation politique de Martin Fayulu.
C’est au cours de ces heurts que le chef de l’ECiDé a été blessé. Le député Delly Sesanga, autre figure de l’opposition, aurait également été touché à la jambe par un tir attribué à la police, selon son équipe de communication sur le réseau X.
Une loi référendaire au cœur d’une crise politique
Ces violences font suite à l’adoption, le mardi 9 juin, de la proposition de loi fixant les conditions d’organisation d’un référendum en RDC. Le texte a été approuvé à l’Assemblée nationale par 348 voix pour, 2 contre et 1 abstention, lors d’une séance boycottée par l’opposition. Le principal groupe d’opposition, Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, avait suspendu sa participation aux travaux avant le vote.
Les partis d’opposition dénoncent dans ce texte une manœuvre destinée à faciliter une réécriture de la Constitution de 2006, avant la fin du mandat du président Félix Tshisekedi. L’ancien président Joseph Kabila, dans une déclaration publiée jeudi 11 juin, a mis en garde contre un risque de « soudanisation » du pays.
La proposition de loi a depuis été transmise au Sénat, où elle a été renvoyée à la commission Politique, administrative et juridique pour examen. Si elle y est adoptée dans les mêmes termes, elle sera transmise au président de la République pour promulgation.
