Xénophobie en Afrique du Sud : Tinubu fustige une intolérance insupportable

Le président Bola Tinubu a dénoncé, dimanche 19 juillet, une intolérance totalement inacceptable visant les ressortissants nigérians en Afrique du Sud. Sa déclaration a été lue par le vice-président Kashim Shettima à Freetown, en Sierra Leone, devant la 69e session ordinaire de l’Autorité des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO.

Une condamnation portée devant la CEDEAO

Le chef de l’État nigérian a affirmé que son pays condamne, dans les termes les plus forts, les attaques récentes visant ses citoyens et d’autres Africains sur le sol sud-africain. Il a par ailleurs révélé que le gouvernement avait déjà évacué plus de 1 490 ressortissants nigérians, répartis en sept groupes distincts, tout en se disant prêt à s’engager davantage sur cette question.

(📲 Ne ratez aucune de nos news géopolitiques! Rejoignez 👉 LNT Inter sur WhatsApp !)

Tinubu a rappelé à Pretoria que la liberté dont jouit aujourd’hui l’Afrique du Sud est le fruit des sacrifices des mouvements de libération africains, citant explicitement la contribution du Nigeria à cette lutte. Ce rappel renvoie au soutien financier et diplomatique apporté par Abuja à l’African National Congress durant les décennies de lutte contre l’apartheid, un engagement estimé à plusieurs centaines de millions de dollars entre les années 1970 et 1980.

Un appel à une réponse continentale unie

Reprenant une position déjà défendue par le président ghanéen, le dirigeant nigérian a demandé que la CEDEAO présente une voix unie dans cette condamnation. L’organisation régionale serait ainsi invitée à porter la question devant la prochaine session de l’Autorité des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, élevant un différend bilatéral au rang de préoccupation continentale.

Un cadre de violences prolongées

La sortie de Tinubu intervient après plusieurs mois de flambées xénophobes dans les townships sud-africains, en particulier autour de Durban et de Johannesburg, où des commerces tenus par des étrangers ont été pillés et incendiés. Selon l’observatoire Xenowatch, rattaché à l’université de Witwatersrand, l’Afrique du Sud a recensé, depuis 1994, 669 morts, plus de 5 300 commerces détruits et environ 127 000 personnes déplacées du fait de violences xénophobes.

D’autres pays de la région, dont le Ghana, le Malawi et le Mozambique, avaient déjà organisé des vols de rapatriement pour leurs ressortissants au cours des semaines précédentes. De son côté, le gouvernement sud-africain avait annoncé le rapatriement de plusieurs milliers d’étrangers en situation irrégulière, dans le cadre d’un durcissement de sa politique migratoire promis par le président Cyril Ramaphosa. La question devrait désormais figurer à l’agenda du prochain sommet de l’Union africaine.

Laisser un commentaire