Un ressortissant nigérian surnommé Big Joe a été tué par balles devant son commerce à Witbank, dans la province du Mpumalanga, en Afrique du Sud, le 29 juin 2026. L’attaque, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, a immédiatement relancé les tensions entre Pretoria et Abuja sur la question de la sécurité des Nigérians établis en Afrique du Sud.
Un commerçant en règle ciblé en pleine journée
Selon les informations relayées par le compte X AskNigeria et le site Akelicious, plusieurs individus ont ouvert le feu à plusieurs reprises sur la victime, qui s’est effondrée devant l’entrée de son établissement. Des témoins présents sur place ont indiqué que « Big Joe » disposait de tous les documents légaux requis pour exercer son activité commerciale. Le mobile de l’attaque n’a pas été officiellement confirmé par la South African Police Service (SAPS) à l’heure de publication. Une enquête serait en cours.
La NANS fixe un ultimatum au 30 juin
La réaction nigériane n’a pas tardé. La National Association of Nigerian Students (NANS) a publié un communiqué dans lequel elle menace de «fermer et d’occuper toutes les entreprises sud-africaines milliardaires opérant sur le sol nigérian» si les violences contre les ressortissants nigérians ne cessent pas immédiatement. L’organisation estudiantine a fixé la date limite au 30 juin 2026, soit le lendemain de l’attaque de Witbank.
La NANS cite explicitement le meurtre de « Big Joe » comme l’élément déclencheur de cet ultimatum, qualifiant l’incident d’«abattage en plein jour d’un marchand nigérian de premier plan». Des entreprises sud-africaines comme Shoprite, MTN ou Standard Bank disposent de filiales actives au Nigeria, ce qui confère à cette menace une portée économique concrète.
Un schéma de violence récurrent contre les Nigérians en Afrique du Sud
Ce meurtre survient dans une situation de violences répétées visant la communauté nigériane en Afrique du Sud. En février 2026, la Nigerian Union South Africa (NUSA) avait déjà réclamé une enquête transparente après l’assassinat d’un autre ressortissant nigérian, Uzor, abattu dans son véhicule à Randburg, dans la province du Gauteng, le 8 février. La NUSA avait alors dénoncé «un schéma troublant de violences brutales contre les ressortissants nigérians» et exigé que les auteurs répondent de leurs actes devant la justice.
Le gouvernement fédéral nigérian avait, à l’époque, réclamé officiellement la protection de ses citoyens auprès de Pretoria. Aucune mesure structurelle n’a depuis été annoncée par les autorités sud-africaines. La prochaine étape décisive est fixée au 30 juin 2026 : date butoir posée par la NANS, qui conditionne la suspension de ses actions à une réponse officielle du gouvernement sud-africain. Le silence de Pretoria dans les prochaines heures déterminera l’ampleur de la crise diplomatique entre les deux pays.
