USA: Trump humilie son secrétaire à l'Énergie en pleine réunion

Le président américain Donald Trump a interrompu son secrétaire à l’Énergie en pleine réunion de cabinet à la Maison-Blanche, alors que celui-ci évoquait les travaux du physicien Albert Einstein. La scène s’est déroulée pendant que le président signait des décrets relatifs à la cryptographie post-quantique et au renforcement des investissements informatiques nationaux.

Une intervention coupée net

Chris Wright, secrétaire à l’Énergie depuis février 2025, avait entamé une démonstration historique pour appuyer les annonces présidentielles. « Il y a 121 ans, Albert Einstein a publié un article », commençait-il, avant que Trump ne le coupe d’un sec : « Personne ne s’en soucie. » La remarque a provoqué les rires des autres membres du cabinet présents dans la salle.

Wright a néanmoins poursuivi son intervention. Son objectif : relier les avancées scientifiques d’Einstein aux travaux ultérieurs de l’ingénieur et physicien John George Trump, oncle du président, qui avait développé des recherches sur les rayons X à haute tension et la radiothérapie dans les décennies suivantes. Le secrétaire à l’Énergie cherchait ainsi à établir un parallèle entre les fondements théoriques posés par Einstein et les applications concrètes développées par un membre de la famille présidentielle.

Un cabinet sous tension récurrente

Cet épisode s’ajoute à une série de tensions internes documentées au sein de l’administration. Les journalistes Maggie Haberman et Jonathan Swan, dans leur ouvrage Regime Change publié par le New York Times, rapportent plusieurs altercations entre Trump et ses collaborateurs proches. Le secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, aurait notamment été qualifié de « mauviette » par le président lors d’un désaccord sur les droits de douane, après avoir été comparé favorablement à un « tueur » dans le passé.

Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, aurait également fait l’objet de propos hostiles lors d’une réunion interne, Trump ayant évoqué vouloir lui compliquer la tâche et envisagé des mesures pour freiner les projets immobiliers de la banque centrale. La Maison-Blanche n’a pour l’instant pas réagi publiquement au contenu de ces révélations.

Wright occupe la direction du département de l’Énergie depuis sa confirmation par le Sénat le 3 février 2025, par un vote de 59 voix contre 38. Ancien dirigeant de l’entreprise d’exploitation de gaz de schiste Liberty Energy, il s’est positionné depuis sa nomination comme un défenseur de la production d’énergies fossiles et un opposant déclaré aux objectifs de neutralité carbone, qualifiant récemment lors d’une conférence parisienne le scénario « net zéro » de projet irréaliste porté par des considérations politiques.

Une administration marquée par des décisions personnelles

L’ouvrage de Haberman et Swan détaille également l’implication directe du président dans des choix de décoration au sein du Bureau ovale, où il aurait lui-même fixé des éléments dorés sur la cheminée en marbre à l’aide de colle forte, selon le témoignage de la porte-parole Karoline Leavitt, qui l’aurait surpris en plein geste un matin.

Les décrets signés lors de la réunion portent sur l’accélération de la transition des agences fédérales vers des standards de cryptographie résistants aux capacités de calcul quantique, ainsi que sur le soutien aux investissements informatiques sur le territoire américain. Le calendrier précis de mise en œuvre de ces mesures n’a pas encore été communiqué par la Maison-Blanche.

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