La polémique autour du colloque organisé par l’Église catholique du Bénin sur les rapports entre la foi chrétienne et les pratiques culturelles du sud du pays continue de prendre de l’ampleur. Quelques jours après les déclarations du père Gaston Aïtondji sur le Vodun, le dramaturge et cinéaste béninois Ignace Yèchénou est sorti de son silence. Dans une vidéo diffusée sur ses réseaux sociaux, il conteste les analyses du religieux et appelle à un débat fondé sur le respect mutuel.
Cette réaction intervient à la suite du colloque tenu à l’Institut Jean-Paul II de Cotonou autour du thème : « Le sujet culturel sud-béninois et les défis cultuels posés à la foi chrétienne ». Les interventions prononcées au cours de cette rencontre continuent d’alimenter les échanges sur les réseaux sociaux et dans l’opinion publique.
Une réponse aux déclarations du père Gaston Aïtondji
Dans son intervention vidéo, Ignace Yèchénou dit avoir été interpellé par les propos attribués au père Gaston Aïtondji concernant le Vodun. Le réalisateur estime que les critiques formulées à l’encontre de cette religion traditionnelle dépassent le cadre d’un débat théologique et risquent d’alimenter les divisions.
« La grandeur d’une foi ne se mesure jamais à sa capacité d’humilier les autres, mais à sa capacité de les aimer », déclare-t-il, appelant à privilégier le dialogue plutôt que la stigmatisation des croyances.
Selon lui, chaque citoyen est libre de porter un regard critique sur une religion, mais cette liberté doit s’exercer dans le respect des convictions d’autrui. Il reproche également au religieux de présenter, selon son analyse, des appréciations qu’il juge insuffisamment étayées sur le plan scientifique.
Le cinéaste affirme qu’il répondra ultérieurement, point par point, aux arguments développés lors du colloque afin d’engager une discussion qu’il souhaite fondée sur des faits et des analyses.
Un plaidoyer pour la coexistence religieuse
Au-delà de la controverse, Ignace Yèchénou insiste sur la nécessité de préserver le modèle de coexistence religieuse qui caractérise le Bénin. Il rappelle que le pays est marqué par la présence de communautés chrétiennes, musulmanes et de pratiquants des religions endogènes vivant, pour l’essentiel, dans un climat de tolérance.
Le dramaturge considère que cette diversité constitue un héritage qu’il convient de protéger. À ses yeux, les débats portant sur les croyances doivent éviter toute forme de hiérarchisation susceptible de fragiliser les équilibres sociaux.
Le thème du colloque portait précisément sur les défis que certaines pratiques culturelles du sud béninois poseraient à la foi chrétienne. Les prises de position exprimées lors de cette rencontre ont rapidement suscité de nombreuses réactions, tant favorables que critiques, notamment sur les plateformes numériques.
Un débat qui dépasse le cadre du colloque
La sortie médiatique de Ignace Yèchénou illustre l’ampleur prise par cette controverse. Les discussions dépassent désormais le seul cercle des participants au colloque et mobilisent des personnalités issues des milieux culturel, religieux et universitaire.
Le Bénin reconnaît la liberté de religion et de culte, principe consacré par sa Constitution, qui garantit à chaque citoyen le droit de pratiquer la religion de son choix dans le respect de l’ordre public. Cette protection juridique constitue l’un des fondements de la coexistence des différentes confessions présentes dans le pays.
À l’issue de son intervention, Ignace Yèchénou annonce son intention de poursuivre sa réflexion dans de prochaines prises de parole. Les échanges autour des conclusions du colloque devraient ainsi se poursuivre dans les prochains jours, au rythme des réactions des différents acteurs concernés.

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