Une affaire d’usurpation de qualité est examinée par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Jeudi 2 juillet 2026, un homme de 30 ans a comparu devant la juridiction, poursuivi pour escroquerie après s’être présenté comme un receveur des impôts afin d’obtenir de l’argent auprès de plusieurs personnes, selon les éléments exposés à l’audience par la Direction générale des impôts (DGI).
Des appels téléphoniques pour obtenir de l’argent
Le prévenu, qui s’est présenté comme revendeur de produits vivriers, est poursuivi par le parquet spécial après son arrestation par la Brigade criminelle et son placement sous mandat de dépôt (📲 Rejoignez dès maintenant 👉 la communauté de La Nouvelle Tribune sur WhatsApp !).
À l’audience, un représentant de la DGI a expliqué que l’affaire est née de plusieurs plaintes adressées à l’administration fiscale. D’après ses déclarations, des usagers faisaient état d’un individu se présentant comme un receveur des impôts et sollicitant une aide financière.
Selon l’accusation, le mis en cause aurait constitué un répertoire de numéros de téléphone qu’il contactait régulièrement rapporte Banouto. Son procédé consistait notamment à évoquer une prétendue panne de véhicule afin d’obtenir des transferts d’argent. Le représentant de la DGI a également affirmé que certaines plaintes faisaient état de menaces adressées à des chefs d’entreprise, à qui il aurait laissé entendre que leurs établissements pourraient être fermés s’ils refusaient de payer.
L’administration fiscale a indiqué avoir transmis le numéro de téléphone utilisé par le suspect à la Brigade criminelle, permettant ainsi son identification puis son interpellation.
Le prévenu reconnaît les faits devant la Cour
Interrogé par les juges, le prévenu a plaidé coupable. Il a reconnu les faits d’escroquerie qui lui sont reprochés et a expliqué avoir constitué son répertoire téléphonique durant une précédente période électorale, sans donner davantage de précisions sur l’origine des contacts.
Questionné sur les sommes perçues, il a déclaré avoir obtenu un total de 40 000 FCFA, essentiellement par des versements de 5 000 et 10 000 FCFA. La DGI, constituée partie civile, a demandé réparation du préjudice subi, estimant que les agissements reprochés au prévenu ont porté atteinte à son image. Le président de la formation de jugement a toutefois rappelé que cette demande devait être formulée avec précision. La juridiction a alors décidé de convoquer l’Agent judiciaire de l’État (AJE) afin qu’il représente les intérêts de l’État dans cette procédure.
Au cours de l’audience, le tribunal a également révélé qu’un commissaire de police en fonction dans une unité de Cotonou figure parmi les personnes ayant déposé plainte dans ce dossier.
Une nouvelle affaire examinée par la CRIET
Cette procédure intervient alors que la CRIET continue d’examiner plusieurs dossiers liés aux infractions économiques et financières. En juin 2026, la Direction générale des impôts avait annoncé le placement sous mandat de dépôt de deux dirigeants d’entreprises soupçonnés d’avoir participé à un système de fraude à la TVA reposant sur l’utilisation de fausses factures. Cette affaire est également instruite devant la juridiction spécialisée.
Créée par la loi n° 2018-13 du 2 juillet 2018, la CRIET est compétente pour connaître notamment des infractions économiques, financières et des faits assimilés relevant de son champ de compétence.
La procédure engagée contre le prévenu se poursuivra le 27 août 2026, date à laquelle le commissaire de police cité comme victime et l’Agent judiciaire de l’État sont attendus devant la juridiction pour la suite de l’examen du dossier.
