Cinq numéros verts sont désormais mobilisables par tout citoyen béninois témoin d’un acte de corruption commis par un agent de police. L’annonce a été faite ce lundi 27 juillet 2026 par le directeur général de la Police républicaine, l’inspecteur général de police de deuxième classe Brice K. Allowanou, lors d’une déclaration publique.
Des numéros verts pour recueillir les plaintes
Les citoyens victimes ou témoins de rançonnement sur la voie publique peuvent désormais transmettre leurs preuves, photos, vidéos ou témoignages, à plusieurs lignes dédiées. Trois institutions sont concernées : la Police républicaine, joignable au 117, le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique, au 166, ainsi que la Présidence de la République, accessible au 155, au 01 52 33 33 33 ou au 01 69 19 00 00. Selon la déclaration du directeur général, la confidentialité de chaque dénonciateur sera garantie.
Ce dispositif s’ajoute aux contrôles internes et externes déjà en place au sein de l’institution. Les agents surpris en flagrant délit s’exposent à une procédure disciplinaire, pouvant aller jusqu’à la radiation, sans exclure des poursuites pénales parallèles. Les responsables d’unités ne sont pas épargnés : tout commissaire ou commandant dont les services seraient épinglés à répétition devra également répondre de la défaillance de son commandement.
Un phénomène malgré les réformes engagées depuis 2016
Le constat dressé par le directeur général intervient après plusieurs années de réformes censées assainir les pratiques sur les axes routiers. Depuis 2016, le Gouvernement a supprimé les barrages routiers fixes, remplacés par des patrouilles corridor chargées de sécuriser la circulation. Le port du casque a également été rendu obligatoire pour les motocyclistes, dans le cadre d’un renforcement général du respect du code de la route.
Le projet Securoute a par la suite introduit des outils de contrôle technologiques : caméras-piétons portées par les agents en mission de régulation, ainsi que des radars déployés sur les corridors du territoire national. Malgré ces mesures, des cas de rançonnement continuent d’être signalés, ce qui a conduit à cette prise de parole publique.
Un appel direct aux usagers et aux agents
Le directeur général a exhorté les automobilistes et motocyclistes à cesser toute forme de négociation avec les agents indélicats. J’exige le procès-verbal, j’exige le reçu, je refuse de négocier : cette consigne a été formulée à l’attention des usagers de la route, invités à ne plus céder aux sollicitations financières informelles.
Il s’est également adressé aux fonctionnaires de police, leur rappelant leur serment de servir avec honneur et probité. Selon le directeur, plusieurs dossiers sont déjà en cours de traitement, et des sanctions seraient annoncées prochainement contre les agents concernés.



