Un nouveau cap a été franchi dans le dossier visant Samuel Akindès Adékambi. À l’audience de ce lundi 6 juillet devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), le ministère public a requis une peine de cinq ans d’emprisonnement, dont deux ans ferme, contre le chef du 12ᵉ arrondissement de Cotonou poursuivi pour abus de fonction. L’information a été rapportée par Bip Radio, qui suivait les débats.
Le procureur a également demandé à la juridiction de déclarer le prévenu coupable des faits qui lui sont reprochés. De son côté, la défense a sollicité sa relaxe, estimant que les éléments du dossier ne permettent pas de caractériser l’infraction poursuivie.
Le parquet estime les faits constitués
Au terme des débats, le ministère public a présenté ses réquisitions devant la CRIET. Il a demandé une condamnation à cinq ans de prison, dont deux années fermes, à l’encontre de Samuel Akindès Adékambi, poursuivi dans une affaire portant sur une somme de trois millions de francs CFA.
Le dossier porte sur des faits qualifiés d’abus de fonction. Les poursuites trouvent leur origine dans un projet de construction d’un terrain de football destiné aux jeunes du quartier Akogbato. Au cours de la procédure, le prévenu a reconnu avoir perçu les trois millions de francs CFA, tout en soutenant que cet argent n’avait aucun lien avec le projet communautaire.
Selon ses déclarations devant la Cour, cette somme lui aurait été accordée à la suite d’une demande d’aide destinée au financement de sa campagne électorale personnelle. Il affirme avoir échangé directement avec Lionel Talon sur cette question et soutient que les fonds lui ont été remis par l’intermédiaire de l’assistante de ce dernier.
Le chef du 12ᵉ arrondissement a, en revanche, contesté avoir reçu les 200 000 francs CFA également évoqués dans le dossier. Cette somme aurait, selon le plaignant, été destinée à l’organisation d’un cocktail au profit des jeunes du quartier.
La défense demande la relaxe
Face aux réquisitions du parquet, les avocats de Samuel Akindès Adékambi ont plaidé la relaxe. Ils ont défendu la version de leur client, qui nie avoir utilisé sa fonction à des fins personnelles et conteste toute qualification pénale des faits.
Depuis sa première comparution devant la CRIET, le prévenu maintient une ligne de défense constante. Il affirme que les trois millions de francs CFA relevaient d’une relation privée avec Lionel Talon et ne constituaient ni un financement du projet d’Akogbato ni un avantage obtenu grâce à ses fonctions administratives.
Au cours des précédentes audiences, la Cour avait également pris connaissance des déclarations de Yasmine Comlan, assistante de Lionel Talon, recueillies lors de l’enquête menée par la Brigade économique et financière (BEF). Convoquée comme témoin avec une autre personne lors de l’audience du 1er juin, elle ne s’était pas présentée devant la juridiction.
Après les réquisitions du ministère public et les observations de la défense, la prochaine étape de la procédure est désormais le délibéré de la Cour, qui devra rendre sa décision à une date fixée par la juridiction.
