Une nouvelle affaire d’usurpation d’identité et d’escroquerie est arrivée devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Lors de l’audience du lundi 6 juillet 2026, le ministère public a requis cinq ans d’emprisonnement, dont trois ans ferme, contre un homme poursuivi pour s’être fait passer pour un agent de la Police républicaine afin d’obtenir de l’argent de plusieurs victimes. Les informations ont été rapportées par Libre Express.
Le parquet a également demandé une amende d’un million de francs CFA ainsi que le remboursement des sommes perçues auprès des parties civiles. La juridiction a mis son jugement en délibéré.
Un stratagème fondé sur la peur d’une arrestation
D’après les éléments présentés devant la CRIET, le prévenu contactait par téléphone des personnes de son entourage en se présentant comme un policier. Il leur annonçait qu’elles faisaient l’objet d’un avis de recherche émis par la Police républicaine et leur faisait croire qu’une interpellation était imminente.
Après avoir installé un climat de peur, il proposait son intervention pour faire disparaître les prétendues poursuites judiciaires. Cette aide supposée était conditionnée au versement d’une somme d’argent.
L’une des victimes a expliqué avoir reçu un appel au cours duquel le mis en cause lui réclamait 400 000 francs CFA. Convaincu d’être recherché par les forces de l’ordre, l’homme aurait quitté son domicile avant de demander à sa conjointe de se rendre au commissariat afin de vérifier les informations qui lui avaient été communiquées.
Une remise d’argent et d’autres victimes identifiées
Selon les débats rapportés à l’audience, la compagne de la victime aurait rencontré le prévenu à proximité d’un commissariat. À l’issue de leurs échanges, un accord aurait été trouvé et la somme de 200 000 francs CFA lui aurait été remise, soit la moitié du montant initialement exigé. C’est au cours de cette rencontre que la supercherie aurait été découverte, entraînant l’ouverture de la procédure judiciaire.
L’instruction a ensuite permis de faire apparaître d’autres faits. Plusieurs personnes se sont constituées parties civiles après avoir appris l’existence de cette affaire. Le ministère public a notamment évoqué un second dossier dans lequel le prévenu aurait obtenu deux millions de francs CFA en utilisant le même procédé. Le dossier est examiné sous la qualification d’escroquerie commise par voie électronique, les faits reprochés ayant été réalisés au moyen de communications téléphoniques.
Le parquet réclame une peine de prison et des remboursements
À l’issue des débats, le ministère public a demandé à la CRIET de condamner le prévenu à cinq années d’emprisonnement, dont trois ans ferme. Il a également requis une amende ferme d’un million de francs CFA. Le parquet a sollicité la restitution des sommes versées par les victimes, soit 200 000 francs CFA pour la première partie civile et deux millions de francs CFA pour la seconde.
Au cours de ses réquisitions, le substitut du procureur a précisé que le prévenu était considéré comme un « délinquant primaire ». La défense, pour sa part, a plaidé une application clémente de la loi. Les avocats ont demandé à la Cour de tenir compte de la période de détention déjà effectuée par leur client. À l’issue de l’audience, la CRIET a mis le dossier en délibéré. Le jugement est attendu le 31 août 2026, date à laquelle la juridiction rendra sa décision sur les poursuites engagées contre le prévenu.
