Brenda Biya affirme que son « père est mourant » et évoque la fin imminente du pouvoir

Une accusation de séquestration, un pronostic sur la mort d’un chef d’État en exercice depuis 1982, et l’annonce d’une fin imminente de régime : en une seule vidéo, Brenda Biya vient de faire plusieurs déclarations. Publiée le samedi 4 juillet 2026 sur sa page Facebook, la déclaration de la fille du président camerounais Paul Biya relance la question, jusque-là feutrée, de la succession à la tête de l’État.

Des accusations directes contre l’entourage présidentiel

Dans cette déclaration, Brenda Biya interroge directement les autorités : « Pourquoi est-ce que le gouvernement m’encourage à m’incriminer ? ». Elle affirme avoir demandé de l’aide pour se rendre à l’hôpital, avant d’en être dissuadée par des proches qui l’auraient menacée d’un internement forcé : « ils m’en ont dissuadé pour dire que je vais me faire endormir ». Elle affirme ensuite que son entourage sait pertinemment que « mon père est mourant » et qu’il la maintiendrait volontairement dans une chambre pour la filmer : « et me garde dans une chambre pour prendre des vidéos sur moi ».

Elle revient sur une tentative de retour au Cameroun qui aurait été refusée par les autorités : « j’ai essayé de rentrer au Cameroun, ils ne m’ont pas laissé rentrer au Cameroun, on dit qu’on ne voulait pas de moi au Cameroun ». Elle conclut sur un sentiment d’isolement total : « je sais maintenant que plus personne ne veut de moi et je peux vivre nulle part », avant d’ajouter : « le gouvernement est en train de finir ». Aucune réaction officielle n’a pour l’heure été formulée par la présidence camerounaise ni par un membre du gouvernement.

Une série de sorties qui rythme l’année 2026

Cette déclaration intervient après une longue liste d’épisodes similaires. À l’approche de la présidentielle, elle appelait déjà les Camerounais à ne pas voter pour son père. En mars 2026, critiquée pour ne pas s’être levée pendant l’hymne national, elle répliquait à ses détracteurs : « je ne me suis pas levée parce que j’ai des problèmes d’équilibre et j’ai des problèmes pour marcher ». Le même mois, elle annonçait publiquement rechercher une partenaire féminine à Yaoundé, dans un pays où l’homosexualité reste pénalisée.

En avril, elle confiait ne pas s’attendre à vivre longtemps : « les personnes créatives ou les artistes ne vivent [pas longtemps] », avant d’annoncer vouloir s’éloigner des réseaux sociaux. Début mai, elle évoquait déjà, en anglais, l’état de santé de son père : « PB is dying period », sans fournir ni diagnostic ni source médicale, tout en se disant délibérément ciblée en raison de son statut.

Paul Biya
, âgé de 93 ans, dirige le Cameroun depuis 1982, ce qui en fait le doyen des chefs d’État en exercice sur le continent africain. Il a été réélu en octobre 2025 pour un huitième mandat, une élection que sa fille avait publiquement contestée. Les propos tenus le 4 juillet, comme les précédents, restent à ce stade non corroborés par une source médicale ou institutionnelle.

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