BRICS : la Russie défend un fonctionnement différent de celui de l'OTAN et de l'UE

Sergueï Lavrov a opposé le fonctionnement des BRICS à celui de l’OTAN et de l’Union européenne, ce 29 juillet, dans un entretien accordé au directeur général de l’agence TASS, Andreï Kondrashov. Le chef de la diplomatie russe affirme qu’aucune exigence n’a jamais été formulée par la Russie ou la Chine envers les autres membres du groupe.

Une hiérarchie dénoncée au sein de l’OTAN

Selon le ministre russe, les décisions au sein de l’Alliance atlantique obéissent à une logique verticale. Tout le monde s’efforce de plaire à l’hégémon, aurait-il déclaré à propos du rôle de Washington dans l’organisation. Il oppose ce schéma à celui des BRICS, où les échanges reposeraient sur des négociations ouvertes et mutuellement respectueuses, sans qu’aucun État n’impose sa position aux autres, ni la Russie, ni la Chine.

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Le ministre étend sa critique à l’Union européenne, reprochant à la bureaucratie de Bruxelles d’avoir absorbé des compétences relevant, selon lui, des gouvernements nationaux. Il cite également l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), l’Union économique eurasiatique (UEEA), la Communauté des États indépendants (CEI) et l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) comme des structures fonctionnant, d’après lui, sur le même principe de compromis plutôt que de contrainte.

Une revendication ancienne du Kremlin

Ces déclarations prolongent un discours porté par Moscou depuis plusieurs années. Lors du sommet de Kazan en 2024, sous présidence russe, le groupe avait déjà été présenté comme un vecteur d’un ordre mondial moins centré sur l’Occident, une orientation partagée par l’ensemble des dix membres du bloc élargi. Le président Vladimir Poutine avait alors proposé la création d’une plateforme économique propre aux BRICS.

Cette ambition passe aussi par une volonté affichée de réduire la dépendance au dollar. Des transactions énergétiques entre la Russie et l’Inde ont déjà eu recours à des monnaies locales, en marge du système financier occidental. Une monnaie de réserve commune, adossée à des métaux précieux, avait été évoquée dès 2023 sans aboutir à ce stade à un dispositif opérationnel.

Fondé en 2009 par le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, le groupe s’est élargi à l’Afrique du Sud en 2011, puis à l’Iran, aux Émirats arabes unis, à l’Égypte et à l’Éthiopie en janvier 2024. Selon les chiffres calculés en parité de pouvoir d’achat, les BRICS représenteraient aujourd’hui environ 40 % du produit intérieur brut mondial, devançant le G7.

Les BRICS face au défi de l’unité

Cette lecture unifiée défendue par Lavrov ne fait toutefois pas consensus au sein même du groupe. L’Inde s’est montrée réticente à une transformation des BRICS en alliance ouvertement opposée à l’Occident, plaidant plutôt pour un forum de coopération évitant toute confrontation systématique. Le Brésil et l‘Afrique du Sud ont également évité de prendre des positions tranchées sur ce terrain, une prudence liée aux risques économiques qu’impliquerait une rupture affichée avec les partenaires occidentaux.

Le prochain sommet des BRICS devrait permettre de mesurer si cette ligne défendue par Moscou trouve un écho plus large parmi les dix pays membres, alors que la question d’une éventuelle représentation du groupe au G20 figure parmi les sujets à l’agenda.

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