Burkina : à Yaadga, Ibrahim Traoré précise sa vision de la lutte contre l'extrémisme

Le président du Burkina Faso, Ibrahim Traoré, a défendu, jeudi 16 juillet à Ouahigouya, une ligne de fermeté contre l’extrémisme religieux, affirmant que les autorités poursuivront les auteurs de discours appelant à la haine ou à la violence. Devant les forces vives de la région du Yaadga, il a assuré que l’État combat « l’extrémisme » et non une religion.

Au cours de cette rencontre, le chef de la transition a expliqué que, selon lui, aucune croyance ne peut justifier des actes violents contre des personnes ayant des convictions différentes. Il a appelé les citoyens à préserver la cohésion sociale et a invité les responsables religieux à privilégier l’exemple et le dialogue plutôt que la contrainte pour transmettre leurs convictions.

Lutte contre la radicalisation

Dans son intervention, Ibrahim Traoré a estimé que les discours extrémistes constituent l’une des principales causes du terrorisme au Burkina Faso. Il a affirmé que les autorités continueront à suspendre les prêches de toute personne diffusant des messages susceptibles, selon lui, de menacer la paix sociale.

Le président du Faso a également salué les imams qu’il a présentés comme engagés en faveur d’un islam de paix et de la sensibilisation des fidèles. Selon lui, la lutte engagée par l’État vise les idéologies radicales et non les pratiques religieuses. « Nous ne combattons pas une religion », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que la cible des autorités reste « l’extrémisme ».

Inquiétudes sur les formations religieuses à l’étranger

Le chef de l’État a aussi évoqué la question des jeunes Burkinabè poursuivant des études religieuses dans certains pays arabes. Selon ses déclarations, les services de l’État auraient recensé plus de 800 ressortissants dans cette situation, sans disposer d’informations précises sur leur parcours.

Ibrahim Traoré a estimé que cette situation pourrait représenter un risque sécuritaire si certains revenaient au pays après plusieurs années de formation exclusivement religieuse. Il a annoncé sa volonté de favoriser le développement de formations confessionnelles sur le territoire burkinabè afin que les différentes communautés religieuses puissent former leurs fidèles sans dépendre de structures étrangères.

Le président a indiqué que ce soutien concernerait les confessions musulmane, catholique, protestante ainsi que les religions traditionnelles. Il a assuré que cette politique vise à renforcer la stabilité du pays tout en garantissant la liberté de culte.

Un contexte marqué par les défis sécuritaires

Arrivé au pouvoir en septembre 2022 après le renversement du lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, Ibrahim Traoré fait de la lutte contre l’insécurité la priorité de la transition. Les autorités burkinabè restent confrontées à une insurrection jihadiste qui affecte plusieurs régions du pays depuis plusieurs années.

Selon les déclarations du président lors de cette rencontre à Ouahigouya, son action demeure guidée par la protection de l’ensemble des Burkinabè, sans distinction de religion ou d’origine. Il a affirmé que son objectif reste de garantir la sécurité et la paix pour tous les citoyens.

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