Comment Kylian Mbappé a remis Mobutu Sese Seko dans l'actualité

Une bande-son tournée dans un avion a suffi à relancer, plus de vingt-cinq ans après sa mort, le nom d’un ancien chef d’État africain dans les conversations mondiales. Kylian Mbappé, capitaine de l’équipe de France, s’est vu appeler « Mobut‘ » par un coéquipier le 1er juillet 2026, dans une vidéo publiée sur les comptes officiels des Bleus après leur qualification face à la Suède (3-0) en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026. Le surnom renvoie à Mobutu Sese Seko, président du Zaïre — actuelle République démocratique du Congo — de 1965 à 1997.

Une séquence tournée après la qualification contre la Suède

La scène se déroule dans l’avion reliant New York à Boston, camp de base des Bleus pour la suite du tournoi. Une voix, attribuée par plusieurs médias à l’ailier Ousmane Dembélé, interpelle Mbappé en lançant « Mobut’ ! Appelle Mobut’ Kylian, viens ici ». La publication, légendée par l’équipe de France elle-même, montre un groupe détendu après la victoire, sans qu’aucun joueur ne dément ou ne commente directement l’origine du surnom.

Un sobriquet forgé en 2022 autour du PSG

Le rapprochement entre Mbappé et Mobutu ne date pas de cette Coupe du monde. Les premières publications l’associant à l’ancien président zaïrois remontent à août 2022, au moment où l’attaquant prolonge son contrat avec le Paris Saint-Germain. Les internautes lui reprochaient alors une attitude jugée autoritaire dans ses négociations contractuelles et son management supposé du vestiaire parisien. Le surnom avait ensuite resurgi en novembre 2024, lorsque Dembélé, interrogé sur l’émission The Bridge, évoquait son intérêt pour les documentaires consacrés aux chefs d’État autoritaires, citant Mobutu devant des coéquipiers amusés.

Une figure historique remise en circulation

Mobutu Sese Seko accède au pouvoir en 1965 par un coup d’État, avant d’instaurer un régime à parti unique marqué par un culte de la personnalité et une gestion centralisée du pays, alors rebaptisé Zaïre. Allié des puissances occidentales pendant la Guerre froide en raison de son opposition aux mouvements communistes en Afrique centrale, il est renversé en 1997 par les troupes de Laurent-Désiré Kabila, avant de mourir en exil au Maroc la même année. Cette référence historique se retrouve aujourd’hui recontextualisée par une génération qui la découvre principalement à travers le football.

Un surnom encaissé collectivement par les Bleus

Aucun joueur ni le sélectionneur Didier Deschamps n’a réagi publiquement à la vidéo. La tonalité de la publication officielle, qui insiste sur la bonne entente du groupe, suggère que le surnom est désormais assumé en interne plutôt que subi. Les Bleus affronteront le Paraguay au tour suivant de la compétition.

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