Une nouvelle rupture diplomatique est désormais actée. Le Mali et le Burkina Faso ont officiellement notifié leur retrait de la Cour pénale internationale (CPI) auprès du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, quelques jours après le Niger, selon des documents officiels publiés le 1er juillet. Les notifications, déposées le 24 juin et enregistrées le 30 juin, lancent la procédure prévue par le Statut de Rome.
Les gouvernements malien et burkinabè ont transmis leur décision au dépositaire du Statut de Rome, suivant la même démarche engagée quelques jours plus tôt par le Niger. Les documents rendus publics confirment que les courriers ont été enregistrés par les services du secrétaire général des Nations unies le 30 juin, marquant le début de la procédure officielle de retrait.
Les trois pays de l’AES concrétisent leur décision
Les autorités des trois États justifient leur départ de la CPI par des critiques récurrentes à l’encontre de l’institution. Elles estiment que la juridiction internationale ne remplit plus sa mission avec impartialité et dénoncent une utilisation politique des questions relatives aux droits humains.
Dans leurs communications officielles, les gouvernements concernés défendent une approche fondée sur la souveraineté de leurs États et affirment vouloir privilégier des mécanismes qu’ils jugent plus adaptés à leurs réalités sécuritaires. « La Cour pénale internationale s’est éloignée des idéaux qui ont présidé à sa création », soutiennent-ils dans leurs correspondances.
Le retrait ne produit toutefois pas d’effet immédiat. L’article 127 du Statut de Rome prévoit qu’une dénonciation prend effet un an après la réception de la notification par le secrétaire général de l’ONU. Jusqu’à cette échéance, les États concernés restent tenus par les obligations découlant du traité, notamment pour les procédures déjà engagées.
Une décision annoncée depuis septembre 2025
Cette étape donne une traduction juridique à une orientation politique rendue publique plusieurs mois auparavant. Le 22 septembre 2025, le Mali, le Burkina Faso et le Niger, réunis au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), avaient annoncé conjointement leur intention de quitter le Statut de Rome. Les trois gouvernements reprochaient alors à la CPI d’être devenue une institution qu’ils jugeaient instrumentalisée et dépourvue de neutralité.
Les notifications adressées à l’ONU constituent l’aboutissement de cette décision commune. Elles interviennent alors que les trois pays poursuivent leur rapprochement au sein de l’AES, créée pour renforcer leur coopération politique, économique et sécuritaire.
Créée par le Statut de Rome adopté en 1998 et entré en vigueur en 2002, la Cour pénale internationale est chargée de poursuivre les auteurs présumés de génocide, de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et, sous certaines conditions, de crime d’agression lorsque les juridictions nationales ne peuvent ou ne souhaitent pas agir.
Une sortie effective dans un an
L’enregistrement des notifications par le secrétaire général de l’ONU ne met pas fin immédiatement à l’adhésion des trois pays à la CPI. La procédure suit le calendrier fixé par le Statut de Rome, qui prévoit un délai d’un an entre la notification et l’entrée en vigueur du retrait.
Sauf revirement des autorités concernées, le Mali, le Burkina Faso et le Niger cesseront donc d’être officiellement parties au Statut de Rome à l’issue de ce délai, conformément aux dispositions de l’article 127 du traité.
