Les entreprises de défense américaines devront limiter le recours aux composants militaires étrangers dans leurs marchés publics. Donald Trump a signé ce lundi 20 juillet un décret imposant de nouvelles règles de qualification pour les minéraux, matériaux et composants entrant dans la fabrication d’équipements liés à la sécurité nationale.
Une dépendance aux fournisseurs étrangers déjà documentée
Les États-Unis dépendent des importations pour 12 minéraux critiques et importent plus de la moitié de leur consommation pour 29 autres, selon le CSIS. La Chine domine la production des 13 minéraux jugés essentiels par le Pentagone, parmi lesquels le germanium, le gallium, le tungstène et les terres rares. En réponse, Washington a déjà engagé un plan de constitution de stocks stratégiques d’un milliard de dollars, portant notamment sur le cobalt et l’antimoine, selon le Financial Times. Le décret signé par Trump s’ajoute à un premier texte sur les minéraux critiques promulgué en janvier 2026.
Ce que prévoit le décret
Le texte pousse les entrepreneurs de la défense à valider de nouvelles filières nationales et celles de pays partenaires pour les minéraux, matériaux et composants entrant dans les marchés publics liés à la sécurité nationale. Les obstacles réglementaires freinant ce processus de qualification devraient être levés. Le ministère de la Guerre reçoit par ailleurs l’ordre de renforcer, par voie réglementaire, la cartographie des chaînes d’approvisionnement jugées critiques, une liste que le secrétaire à la Guerre devra lui-même établir.
Le décret encadre également les dérogations que le secrétaire à la Défense peut accorder pour des matériaux critiques issus de pays visés par l’article 10 USC 4872. Dans certains cas, ces dérogations devraient s’accompagner de plans d’atténuation pour les chaînes d’approvisionnement terrestres, selon les termes du texte.
Un enjeu ancien pour le Pentagone
Cette question des points de fragilité industrielle n’est pas nouvelle. En 2018, un rapport du ministère de la Défense américain avait recensé plus de 300 lacunes dans la base industrielle nationale, allant des munitions aux microélectroniques, alertant déjà sur la dépendance à des fournisseurs uniques ou étrangers pour des composants jugés stratégiques. Le décret signé par Trump reflète une préoccupation documentée depuis près d’une décennie au sein du Pentagone.
Selon le texte présidentiel, l’objectif consiste à sécuriser les intrants nécessaires à des équipements permettant aux États-Unis de conserver leur avantage sur le champ de bataille moderne. Le décret ne fixe pas de calendrier précis pour la mise en œuvre des nouvelles cartographies de chaînes d’approvisionnement, ni de liste immédiate des pays partenaires reconnus.



